Textes bibliques incompatibles avec la Trinité

Publié le par bleu_lagon

 Dans son livre De la Trinité - Livre 1, Augustin d’Hippone écrivit : " Les écrivains sacrés, il faut le reconnaître, tantôt insinuent que le Père est plus grand que le Fils, et tantôt même le disent ouvertement."

Pour expliquer ce fait pour le moins étrange, au vu de la définition de la Trinité, Augustin s'empresse d'expliquer que Jésus possède en fait une double nature. Il est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. Avec quelles conséquences?

Jésus, Homme-Dieu ?

Ecoutons Augustin :
" En prenant la forme d’esclave, il [Jésus] n’a point perdu la nature de Dieu, et il est demeuré égal à son Père. (...) Mais alors, qui ne comprend que comme Dieu il soit plus grand que comme Dieu-homme, et que même ayant pris la forme d’esclave, il soit inférieur à lui-même? C’est pourquoi la sainte Ecriture dit avec raison, et que le Fils est égal au Père, et que le Père est plus grand que le Fils. Or, ces deux propositions sont vraies, si l’on entend la première de Jésus-Christ eu tant que Dieu, et la seconde de Jésus-Christ en tant qu’homme. (...) Ainsi le Fils de Dieu, égal au Père par sa nature divine, lui est inférieur par sa nature humaine. En prenant la forme d’esclave, il s’est mis au-dessous du Père, mais il est resté son égal comme Dieu, car il était Dieu avant que de se faire Homme-Dieu. (...) Ainsi, parce qu’étant Dieu, le Verbe a pris la forme d’esclave, il est tout ensemble Dieu et homme. Il est Dieu parce qu’il conserve la nature divine, et il est homme parce qu’il a pris la nature humaine. Mais en Jésus-Christ, ces deux natures n’ont subi aucune altération ni aucun changement. La divinité ne s’est point abîmée en l’humanité, de telle sorte qu’elle eût cessé d’être la divinité, et l’humanité n’a point été absorbée par la divinité, de telle sorte qu’elle eût cessé d’être l’humanité."

Cette explication pour le moins complexe, qui fait à certains l'effet de ces notes en tout petits caractères en bas des contrats d'assurance, exigent de trouver confirmation dans la Parole de Dieu. En effet, elle conduit manifestement le lecteur des Saintes Écritures à interpréter certains passages pour leur faire dire absolument l'inverse de ce qu'ils affirment. Est-elle donc étayée par des preuves solides et indiscutables?

Au ciel, la Parole était de condition ou de nature divine (voir l'étude sur Jean 1:1). Mais a-t-elle conservé cette nature divine quand elle est venue sur terre? En Philippiens 2:6 et 7 (Segond) Paul dit que Jésus-Christ " s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme." Dans sa lettre aux hébreux il dit aussi que Jésus, en devenant un homme, " a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges " (Hébreux 2:9, Segond). Si Jésus avait été pleinement Dieu sur terre, Paul aurait-il pu écrire qu'il était inférieur aux anges?

A aucun endroit nous ne lisons que Jésus était à la fois homme et Dieu sur terre. Cette explication a tout d'une échappatoire et elle conduit inévitablement a certaines interprétations plus que douteuses. Augustin en fait lui-même la démonstration dans son explication de Matthieu 20:23. Dans ce verset biblique, Jésus dit : " Il n’est pas en mon pouvoir de vous donner une place à ma droite ou à ma gauche, elle appartient à ceux à qui mon Père l’a préparée ". Voyez comment Augustin explique ces paroles de Jésus: " Dans cette circonstance, Jésus-Christ s’exprime en tant qu’homme. (...) Le sens de ces paroles est donc celui-ci : Je ne puis comme homme donner cette place, et elle est réservée à ceux à qui le Père l’a préparée : toutefois, parce que « tout ce qui est au Père est à moi », vous devez comprendre que conjointement avec le Père j’ai préparé et réservé cette place ( Jean 16:15)."

En d'autres termes, ce n'est pas à Jésus de donner ces places... mais c'est à lui quand même ! Tout dépend comment on interprette ces paroles. Mais croyez-vous vraiment que les disciples de Jésus étaient formés à comprendre cette exégèse trinitaire?

Que signifient les paroles de Jésus en Matthieu 20:23 si on les analyse sans le filtre trinitaire? Tout simplement que le Dieu et Père de Jésus se réserve certaines prérogatives qu'il n'accorde à personne d'autre, pas même à son Fils. Jamais Jésus n'a cherché à devenir l'égal de son Père en s'arrogeant des droits qui ne lui revenaient pas (comparez avec Philippiens 2:6 qui a fait l'objet d'une de mes études, que vous retrouverez en suivant le lien).

Qu'en est-il donc de ces autres versets où ' les écrivains sacrés insinuent, voire même disent ouvertement, que le Père est plus grand que le Fils ' ?

Des signes de supériorité du Père sur le Fils

Jean 14:28 : " Le Père est plus grand que moi." (Sauf indication, les versets cités sont tirés de la traduction Segond 1910).

Celui qui est plus grand n'est pas l'égal de l'autre. Pour réfuter ce verset les partisans de la Trinité n'ont qu'une seule échappatoire, prétendre que Jésus parle ici en tant qu'homme. A croire que les évangiles doivent se lire avec un décodeur trinitaire...

Jean 17:3 : " Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ."

Pourquoi citer ce passage biblique ? Pour deux raisons. Premièrement, Jéhovah est appelé par Jésus " le seul vrai Dieu." Comment concilier cette affirmation avec la croyance selon laquelle Jésus et Jéhovah sont un même Dieu ? (Comparez avec Deutéronome 6:4 dans la traduction de Chouraqui). Deuxièmement, nous remarquons que la vie éternelle passe par l'acquisition de la connaissance concernant deux personnes, Jéhovah et Jésus, Jéhovah venant en premier (ordre de grandeur ?), Christ en second.

Marc 15:34 : " Jésus s'écria d'une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "

Lorsque l'on appelle quelqu'un " mon Dieu " (avec un pronom possessif), c'est bien que l'on se compte comme son adorateur, n'est-ce pas ? " Oui, mais Jésus parle ici en tant qu'homme..." C'est encore vrai. Mais pour une fois l'argument ne tient plus quand on considère deux autres passages où Jésus appelle Jéhovah " mon Dieu."

Jean 20:17 : " Jésus lui dit [à Marie] : Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu."

Jésus prononce ces mots après sa résurrection. Il est alors redevenu un esprit puissant, semblable à Dieu. Pourtant, il se place ici sur un plan d'égalité, non avec Jéhovah mais avec ses disciples, des hommes faibles et misérables fait de chair et de sang. Plus caractéristique encore est la déclaration de Jésus à Jean, emprisonné sur l'île de Patmos.

Apocalypse (ou Révélation) 3:12 : " Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau."

Quatre fois Jésus appelle Jéhovah " mon Dieu ", comme pour faire taire ceux qui prétendraient plus tard le contraire. Jésus est alors au ciel, à la droite de Dieu. Il a été revêtu d'une gloire et d'une position supérieure (Phillipiens 2:9 à 11). Pourtant, même avec ' tout ce pouvoir ', il est encore est toujours un adorateur de Dieu. (Voir aussi Matthieu 28:18).

D'autre part, connaissez-vous un seul texte des Écritures où Jéhovah (ou même l'esprit saint) appelle Jésus " mon Dieu " (et pas seulement Dieu, tout court) ? Même dans le très controversé Hébreux 1:8 et 9 [voir mon étude sur ce verset], selon Segond, Jéhovah s'adresse à Jésus en lui disant : " C'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint..." Même là Jésus est présenté comme ayant un Dieu — ton Dieu — ce qui n'est jamais le cas dans l'autre sens.

Jean 5:19 : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement."

Des versets semblables à celui-ci par son contenu, on en recense une bonne douzaine rien que dans l'évangile selon Jean. La note à ce verset dans la Bible Annotée Neuchâtel explique ces paroles de Jésus ainsi : " Il exprime l'impossibilité morale où il est de rien faire qui ne soit en pleine harmonie avec la volonté de son Père, et cela précisément parce qu'il est le Fils, son image, son révélateur, son représentant, qui ne peut agir que dans une communion parfaite avec lui." En clair, il ne serait ici pas question de subordination mais d'entente parfaite, de communion absolue. On pourrait également justifier ces mots en disant que de toute façon Jésus s'exprime ici en tant qu'homme, ce qui est tout à fait exact.

Alors, demanderez-vous, pourquoi citer ce passage ? Tout simplement parce qu'il est à rapprocher d'autres déclarations beaucoup plus parlantes du Christ. Considérez celle-ci :

Jean 8:42 : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé."

La Bible Semeur traduit : " Je ne suis pas venu de ma propre initiative, c'est lui qui m'a envoyé." (La Traduction du Monde Nouveau suit aussi cette leçon) La Traduction Œcuménique de la Bible met : " Je ne suis pas venu de mon propre chef, c'est Lui qui m'a envoyé." L'expression " de son propre chef " signifie " de son initiative." Jésus affirme la même chose en Jean 7:28.

La décision d'envoyer Jésus sur terre fut donc prise au ciel, nous sommes bien d'accord. A ce moment là, Jésus était de nature divine, il faisait même partie de la Trinité disent les partisans de cette doctrine. Or, si l'on en croit cette déclaration de Jésus, ce n'est pas lui, le Fils, qui a pris l'initiative de ce geste. La décision vient du Père qui a envoyé son Fils sur terre. Nous nous trouvons donc bien là dans l'un de ces mystère qui entoure la Trinité. Car enfin, connaissez-vous un seul passage des Écritures qui expliquent que le Fils a pris une initiative engageant le Père a accomplir une action dont il n'est pas à l'origine ? Personnellement, je n'en connais pas. Mais si vous avez ça sous la main, n'hésitez pas à me laisser un message pour me donner les références de ce passage biblique.

Jésus dit avoir été envoyé par son Père. Paul écrira aux Galates (4:4) : " Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi." Peut-on parler de soumission de Jésus à la volonté de son Père dans ce cas ? Un autre texte nous apportera un élément de réponse :

Jean 6:38 : " Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé."

Ainsi donc, le Fils peut bien être ' en pleine harmonie avec la volonté de son Père et dans une communion parfaite avec lui ', il a manifestement soumis sa propre volonté à celle de son Père en venant sur terre. Or, si Jésus et Jéhovah était un seul Dieu, la volonté de l'un ne serait-elle pas la volonté de l'autre ?

Selon les partisans de la Trinité, Dieu est donc venu en personne pour racheter l'humanité. Mais lorsque l'on dit que l'on envoie quelqu'un, cela signifie-t-il que l'on vient en personne ou cela veut-il plutôt dire qu'une personne va se déplacer de notre part ? Inutile de tergiverser, Jésus donne lui-même la réponse :

Jean 7:29 : " Moi, je le connais; car je viens de lui [ " je viens de sa part ", Ostervald ; " je suis un représentant venu de sa part ", TMN ], et c'est lui qui m'a envoyé."

En Jean 13:16 nous trouvons aussi cette déclaration de Jésus : " Oui, vraiment, je vous le dis : Un esclave n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé [ou : " un apôtre ". Grec : apostolos] plus grand que celui qui l’envoie." Il ajoutera plus tard : " Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie." (Jean 20:21 ; c'est pourquoi Jésus porte le nom d'apôtre en Hébreux 3:1, 2) Et dans une prière il dira à Dieu : " Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde." (Jean 17:18)

Les apôtres, ou envoyés de Jésus n'étaient pas Jésus. Ils étaient son représentant, ses portes-parole. Comment donc peut-on en déduire que l'apôtre de Dieu, Jésus, était Dieu en personne ?

Passons la vitesse supérieure

1 Corinthiens 11:3 : " Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef [ou : " la tête " ] de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ."

Au moment ou Paul écrit ces mots, Jésus est au ciel, à la droite de Dieu. Il a été " souverainement élevé " par Dieu et a reçu de Lui " le nom qui est au-dessus de tout nom." (Phillipiens 2:9). De fait, ' tout pouvoir lui a été donné dans le ciel et sur la terre.' (Matthieu 28:18)

Et pourtant, Paul dit que Jésus a un Chef, Dieu. Que faut-il entendre par là ? Dieu exerce-t-il une autorité sur Jésus ? Jésus doit-il manifester du respect et surtout de la soumission à ce Chef ? Pour le savoir, voyons comment s'applique ce titre de chef dans le cas de l'homme vis-à-vis de Jésus, et dans le cas de la femme vis-à-vis de l'homme.

Considérons Ephésiens 5:22 à 23 : " Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses."

Soyons clair : la Bible n'enseigne absolument pas l'infériorité de la femme par rapport à l'homme. Il suffit, pour s'en convaincre de lire ce très beau passage en 1 Pierre 3:7 : " Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières." Si donc les femmes héritent elles-aussi de la grâce, c'est bien parce que Dieu ne les juge en rien inférieures mais leur accorde autant de valeur qu'aux hommes.

Ceci étant dit, vous aurez sans doute noté que Paul recommande — ou plutôt ordonne — aux femmes d'être soumises à leur mari comme l'Église est soumise à Christ. Or, quelle est la position de l'Église (ou congrégation) par rapport à son Chef, qui est Christ ? Est-elle son égale ? Bien sur que non ! La congrégation obéit à son Chef établit par Dieu, elle lui est soumise. De même, la femme est soumise à son mari. Elle lui manifeste " un profond respect " et lui obéit, dans la mesure où ce qu'il lui demande est en accord avec la volonté de Dieu (Ephésiens 5:33 ; Actes 5:29). Le mari est le Chef de famille. C'est à lui que revient au final les prises de décisions. Rien de plus normal que cette disposition divine : sur un navire, il ne peut y avoir qu'un seul capitaine ; autrement c'est la panique parmi les matelots qui ne savent plus quels ordres exécuter.

Une petite parenthèse pour dire combien une épouse chrétienne se sent rassurée quand son mari tient compte chaque jours de ce que Paul a écrit en Ephésiens 5:25 à 33. Messieurs, si vous n'avez pas lu ces versets depuis longtemps, n'attendez plus !

Donc, pour en revenir au sujet qui nous intéresse, la position de " chef " dans les épîtres de Paul est très claire. Elle est celle de celui qui protège avec tendresse mais aussi qui dirige, commande et discipline à l'occasion. C'est ainsi que Christ agit avec sa congrégation quand il la ' sanctifie par la parole ' de Dieu pour qu'elle soit " sainte et irrépréhensible." (Ephésiens 5:25 à 27 ; Jean 17:17).

De fait, la position de celui ou de celle qui est sous l'autorité d'un chef est également très claire. Cette position implique l'obéissance, la soumission et le respect.

Si l'on tient compte de tout cela, la signification réelle de 1 Corinthiens 11:3 ne doit pas poser de difficulté. En effet, Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme, et Dieu est le chef de Christ. Or, comme la femme est soumise à son mari, qui lui-même est soumis à Christ, de même Jésus est soumis à Dieu, son Dieu. Ce qui implique logiquement que Jésus fait plus que respecter son Père : il lui obéit et lui reste soumis.

Et pour ceux que cette pensée hérisse, il y a le passage de 1Corinthiens 15:24 à 28. Le voici en entier :

" Ensuite viendra la fin, quand il [Jésus] remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous."

Notre but n'est pas d'expliquer la réalisation de cette prophétie remarquable. Par contre, certaines phrases ne peuvent pas nous laisser indifférents. Paul dit que Dieu a tout mis sous les pieds de Jésus, qu'il a tout soumis sous son autorité. Tout ? Pas exactement. Car Dieu ne peut être soumis à personne. C'est tellement évident qu'il est presque superflu de l'écrire. Dieu donc a tout soumis sous l'autorité de Jésus excepté Lui-même, Jéhovah. Car quel que soit le pouvoir que Dieu attribue à Jésus, Jéhovah demeure pour toujours le " Très-Haut sur toute la terre."

Cette expression se retrouve en Psaumes 83:18 (ou 19, selon les traductions). Ce verset se lit ainsi dans la Bible Crampon (catholique) de 1905 : " Qu'ils sachent que ton nom, que toi seul, Jéhovah, tu es le Très-Haut sur toute la terre." Conformément aux paroles de Jésus, Jéhovah est " le seul vrai Dieu." (Jean 17:3).

Toutes choses donc doivent être soumis sous l'autorité de Jésus, y compris la mort, le dernier ennemi. Que se passera-t-il alors ? " Le Fils lui-même sera soumis [ou : " assujetti ", Darby, Ostervald] à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous."

Synonymes de soumis : dominé, inféodé, obéissant. Synonymes de assujetti : commandé, esclave, vassal. Autant de mots qui n'expriment qu'une seule pensée : l'infériorité du Fils de Dieu par rapport à son Père, Jéhovah. Difficile d'imaginer que de tels participe passé — soumis ou assujetti — puissent un jour s'appliquer à une personne égale à Dieu en sagesse, en puissance et en éternité !

Remarquez aussi que Paul dit que Jésus doit ' remettre le royaume à celui qui est son Dieu et Père.' Voila bien une chose curieuse. Si le Père et le Fils sont un même Dieu, pourquoi l'un doit-il remettre à l'autre ce qui appartient déjà au deux ? [Désolé si ma question n'est pas très claire, mais à ce stade de l'examen je ne peux pas la formuler autrement].

Augustin d’Hippone avait sa propre explication de ce passage biblique. La voici : " En remettant le royaume à Dieu le Père, Jésus-Christ n’abdique point sa royauté, puisqu’il est avec le Père un seul et même Dieu. " Quand le Fils remettra le royaume, " Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, et médiateur entre Dieu et les hommes, aura conduit à la vision claire et parfaite de Dieu le Père, les justes en qui il vit aujourd’hui par la foi. (...) Lors donc que Notre-Seigneur Jésus-Christ remettra son royaume à Dieu le Père, il le remettra également au Fils et au Saint-Esprit : et c’est alors qu’il introduira les élus dans cette contemplation de Dieu, qui est le terme de toutes leurs bonnes œuvres, et qui sera pour eux un repos éternel et une joie immortelle."


Vous avez compris son raisonnement ? Oui ? Dites, tout à fait entre nous, vous l'avez relu combien de fois avant de le saisir ?

Plaisanteries mises à part, on pourrait résumer la pensée d'Augustin en disant qu'en fait Jésus se remet le royaume à lui-même ! Car de part sa nature humaine de " vrai Dieu et vrai homme " Jésus est inférieur à Dieu (et à lui-même). Par conséquent, lorsqu'il remet le royaume à Dieu (c'est à dire à lui-même), c'est de part sa nature humaine de " vrai Dieu et vrai homme " qu'il est " assujetti " à Dieu (et à lui-même). Je vous laisse jusqu'à demain pour saisir toute la subtilité de ce raisonnement philosophique...

Plus sérieusement, voici comment on pourrait résumer simplement cette pensée biblique :

Jésus a reçu de son Dieu et Père une mission à accomplir. Il doit régner jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis (et par extension ceux de son Père) hors d'état de nuire. Le but final est de corriger tout le mal causé par la rébellion de Satan et de nos premiers parents en Éden. Une étape importante de cette mission fut sa venue sur terre pour offrir sa vie en Rançon pour l'humanité pécheresse. Cette étape cruciale ayant été passée avec succès, Jéhovah a récompensé Jésus d'une double manière. Premièrement en le ramenant à la vie et deuxièmement en lui donnant " tout pouvoir (...) dans le ciel et sur la terre." (Matthieu 28:18)

L'apôtre Paul exprime aussi cette vérité en Phillipiens 2:9 à 11 : " C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père."

Tout ce qu'accomplit Jésus est " à la gloire de Dieu le Père," et non à la sienne. Cette mission, Jésus l'accomplit pour son Père. C'est Lui, Jéhovah qui a pris l'initiative de cette action en faveur de l'humanité (Jean 6:38 ; 8:42). En Fils obéissant et fidèle, Jésus accomplit la volonté de son Père pour mener à bien Son dessein glorieux. Quand tout sera redevenu comme Jéhovah l'avait prévu au départ (comparez avec Genèse 1:27 et 28), Jésus remettra le royaume à son Dieu et Père. Alors, Dieu sera " tout en tous." (1 Corinthiens 15:28)

La participation considérable que Jésus apporte à l'accomplissement du dessein de Dieu lui vaut d'avoir acquis un pouvoir et une réputation inégalable. Cependant, Jésus reste soumis à son Dieu et Père : un exemple parfait d'obéissance, d'altruisme et d'humilité (1 Corinthiens 15:27, 28).

Conclusion

L'ensemble des versets cités ci-dessus sont autant d'énigmes à résoudre si l'on veut les accorder avec le dogme de la Trinité. La liste n'est cependant pas exhaustive. J'espère avoir l'occasion de méditer avec vous sur d'autres passages clés dans les prochaines semaines.

Je vous annonce cependant que ma prochaine note marquera sans doute un tournant dans ma réflexion. L'enjeu consistera à analyser le sujet de la Rançon vu par les Témoins de Jéhovah. Comme vous pourrez le constater, Rançon et Trinité ne font pas bon ménage dans leur doctrine. Vous allez bientôt savoir pourquoi.

Publié dans La Trinité

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Thomas 10/02/2015 14:38

"A aucun endroit nous ne lisons que Jésus était à la fois homme et Dieu sur terre." FAUX :

Soyez sur vos gardes : il se peut qu’il y ait quelqu’un qui vous entraînera comme sa proie au moyen de la philosophie et d’une vaine tromperie selon la tradition des hommes, selon les choses élémentaires du monde et non selon Christ ; parce que c’est en lui que toute la plénitude de la qualité divine habite corporellement. - Colossiens 2:8, 9

Malheureusement ton argumentation n'a aucune valeur puisque la Trinité n'a pas pour vocation d'affirmer une égalité de fonction entre Dieu et son Fils mais une égalité de NATURE. Penses-tu sincèrement que tous ceux qui croient en la Trinité sont idiots à ce point qu'ils ne connaissent pas ces versets ? Bien sûr que Jésus est soumis à son Père, à sa volonté. Est-ce que cela lui enlève la "qualité divine" ? Non !

Je pense que tu devrais chercher à approfondir tes connaissances sur la Trinité avant de vouloir la démonter ou bien tu risques de te ridiculiser.

Pour la théologie chrétienne, les trois personnes, ou hypostases, qui constituent le Dieu unique sous forme de Trinité sont divines. Cette essence qui leur est commune est désignée par le terme de consubstantialité ou, en grec, homoousia. - Extrait de Wikipédia.

bleu_lagon 10/05/2015 00:42

Non, c'est le dogme trinitaire qui présente une image faussée de Jéhovah Dieu. Ce que la Bible dit sur Dieu est limpide comme de l'eau de roche. Ce que la chrétienté enseigne sur Dieu est obscure au possible. Cela reste bel et bien un "mystère" pour beaucoup.

Thomas 09/05/2015 10:39

Le Père est au-dessus du Fils comme tu est "au-dessus" de ta propre parole. Tu crois que Dieu a deux bras et deux jambes comme nous ? La Bible ne nous demande pas de comprendre tout parfaitement de Dieu et de toute manière cela est inaccessible à notre cerveau humain. Dieu nous demande de le connaître, et le meilleur moyen qu'il nous a donné pour cela c'est son Fils (son amour) et la Bible, qui portent d'ailleurs tous les deux le titre de "Parole de Dieu". Si tu veux absolument faire rentrer Dieu dans une compréhension humaine tu risques d'en perdre une grande partie et du coup de te "créer" une image fausse et bien incomplète de lui...

bleu_lagon 24/04/2015 11:47

@Thomas. Oui, le fils de Dieu a la même nature que son Père, au ciel : il est de la même nature divine... comme l'ensemble des anges. TOUS, sans exception, sont de nature divine. Ils ne sont pas humains. Et bibliquement parlant, ils sont tous des elohims, des dieux. Affirmer le contraire, c'est aller à l'encontre des Ecritures.

Colossiens 2:9 n'affirme pas l'égalité du Fils avec le Père. Déduire cela de l'expression "toute la plénitude de la qualité divine", c'est aller manifestement trop loin. L’apôtre Jean nous aide comprendre le sens de cette expression en écrivant que “la Parole [Jésus dans sa condition préhumaine] devint chair et résida parmi nous, et nous avons eu une vue de sa gloire, une gloire telle qu’elle appartient à un fils unique de la part d’un père ; et il était plein de bonté imméritée et de vérité. Car nous avons tous reçu de sa plénitude, oui bonté imméritée sur bonté imméritée. Parce que la Loi fut donnée par Moïse, la bonté imméritée et la vérité apparurent par Jésus-Christ”. — Jean 1:14, 16, 17.

Jésus était si rempli de la connaissance et des qualités divines de son Père, ainsi que du fruit de son esprit, qu’il a pu dire : “Celui qui m’a vu a vu le Père aussi.” (Jean 14:9 ; Galates 5:22). De plus, en faisant de Jésus le moyen par lequel tous ses desseins se réalisent, celui en qui toutes les prophéties trouvent leur véritable signification, Dieu a fait en sorte que soient “soigneusement dissimulées en lui (...) tous les trésors de sagesse et de connaissance”. (Colossiens 2:2, 3.)

C'est pour ces mêmes raisons que Paul écrivit que Jésus "est le reflet de [sa] gloire [celle de Jéhovah] et la représentation exacte de son être même — Hébreux 1:3

Je ne comprends pas ce que tu entends par "égalité de position hiérarchique". Veux-tu dire que le Père est au-dessus du fils ? Que Sa position hiérarchique est supérieur ? (C'est bel et bien ce que dit Paul en 1Corinthiens 11:3.) Mais comment cela est-il possible, si ils composent le même Dieu ? Comment une "partie" de Dieu peut-elle être inférieure à une autre dans la hiérarchie ? Pourquoi l'une de ces parties DEVRAIT-elle être SOUMISE à une autre ? Tu m'expliques ?

Bien cordialement, bleu_lagon.

Thomas 22/04/2015 12:23

Il est le reflet de [sa] gloire et la représentation exacte de son être même - Hébreux 1:3

Représentation exacte de son être ! Quel type d'être est Dieu à ton avis ? Tu fais mentir ce texte si tu dis que Jésus n'a pas exactement la même nature que son Père.

parce que c’est en lui que toute la plénitude de la qualité divine habite corporellement. - Colossiens 1:9

Si TOUTE la PLENITUDE ne te suffit pas je ne sais pas ce qu'il te faut (remarque bien l'accentuation qui est faite par l'utilisation de ces deux mots: "toute" et "plénitude") !

Pourquoi aller chercher des exégètes alors que la Bible est très claire ?
Et par égalité de fonction je pensais plutôt à l'égalité de POSITION hiérarchique.

Jésus est l'exacte représentation de l'être de Dieu selon Hébreux 1:3. Une créature peut-elle répondre à cette définition ? Non ! Jésus est donc parfaitement Dieu et bien entendu en tant que Parole de Dieu il est soumis à son Dieu et Père.

bleu_lagon 28/03/2015 01:34

En Colossiens 2:9, l’apôtre Paul dit qu’en Christ “ toute la plénitude de la qualité divine [forme de théotês] habite corporellement ”. Certaines traductions mettent “ déité ”, ce qui, pour les trinitaires, signifie que Dieu habite personnellement en Christ. Toutefois, le Dictionnaire grec-français de A. Bailly donne à théotês le même sens fondamental qu’à théïotês, c’est-à-dire “ divinité (nature divine) ”. (P. 926.) La Peshitta et la Vulgate traduisent ce mot par “ divinité ”. Par conséquent, il y a ici aussi des raisons solides de traduire théotês par un terme qui désigne une qualité et non une personnalité. Posséder les qualités divines et être Dieu sont deux choses totalement différentes.

Si le Père et le Fils n'ont pas "la même égalité de fonction", peux-tu préciser, Bible en main, quelles fonctions appartiennent uniquement au Père, et exclusivement au Fils ? Je crois qu'il te sera difficile de répondre à cette question vu l'empressement des partisans de la trinité à attribuer chaque titre et fonction de Dieu à Jésus (Seigneur, Sauveur etc). Je suis curieux de lire ta réponse...

Le Fils est soumis au Père. C'est exact. Mais pour quelles raisons, en fait ? Et pourquoi le Père n'est-il pas soumis au Fils ? Le dogme trinitaire ne répond pas à ces questions. La Bible si !

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I too believe that the father is always greater than son is. The lord Jesus Christ is praying to the father almighty to let him free from the sins of the world. This shows that the trinity is the ways that we can keep ourselves close to the God.

bleu_lagon 28/03/2015 02:25

That's right !

Philippe 20/05/2013 15:19

Tes arguments sont excellents

le scrutateur 23/10/2010 15:39


sur ce site vous trouverez nombres de versions cités
http://lescrutateurdessaintesecritures.hautetfort.com/
merci du vôtre
ainsi que nombre de versets trinitaires vus à l'ensemble de la bible.
particularité : La traduction du monde nouveau n'est pas utilisé
michel
le scrutateur


bleu_lagon 26/10/2010 10:40



Merci Michel pour ta visite et le lien vers ton blog, bien utile. Je le recommanderai prochainement à mes lecteurs. Continue ce bon travail de recherches.


Cordialement, Bleu_lagon