L'esprit saint est-il une personne?

Publié le par bleu_lagon

Selon les partisans de la Trinité, l'esprit saint est une personne, comme le sont le Père et le Fils. Il y aurait donc au sein de la Trinité, Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit. Les trois personnes étant égales en puissance, en sagesse et en éternité.

Pour d'autres, comme les Témoins de Jéhovah, l'esprit saint n'est pas une personne mais la force agissante de Dieu. Ici, le terme " force " désigne une énergie à l’œuvre, qui s’exerce sur des personnes ou des choses. Cette force provient de Dieu qui en est la source ou l'origine.

Si la Bible témoigne que l'esprit saint est une force impersonnelle, cela met fin définitivement au dogme de la Trinité tel qu'il est généralement défini : un Dieu en trois personnes.

Il est d'autant plus important de se pencher sur cette question que certaines déclarations émanant de partisans de la Trinité eux-mêmes laissent pour le moins songeur. Considérez par exemple ce que dit le théologien catholique Edmund Fortman : « Les Juifs n’ont jamais considéré l’esprit comme une personne; de plus, aucune preuve solide n’atteste qu’un seul rédacteur de l’Ancien Testament ait adhéré à cette idée. (...) Dans les [Évangiles] synoptiques et dans les Actes, le Saint-Esprit est généralement présenté comme une force divine. »

Ou encore : « Les apologistes [les écrivains chrétiens grecs du IIème siècle] parlent d’une manière trop hésitante de l’Esprit; avec un tant soit peu d’intuition nous dirions qu’ils en parlent trop impersonnellement. » (New Catholic Encyclopedia, 1967, tome XIII, p. 575 et Tome XIV, p. 296).

Par exemple, Justin le Martyr (mort vers 165 de notre ère) croyait que l' "esprit saint était une influence ou un mode d'opération de la Divinité." Hippolyte (mort vers 235 de notre ère), qui selon The Catholic Encyclopédia fut le "plus important théologien et l'écrivain religieux le plus abondant de l'Eglise romaine dans l'ère pré-constantinienne " dit formellement dans ses écrits que " le Saint Esprit n'est pas une personne. " (The Church of the First Three Centuries, Lanson)

Mots hébreu et grec pour esprit

Le grec pneuma (esprit) vient de pnéô, qui signifie " respirer ou souffler ", et on pense que l’hébreu rouaḥ (esprit) vient d’une racine qui a le même sens. Rouaḥ et pneuma signifient donc fondamentalement " souffle ", mais ils ont de multiples sens au-delà de ce sens premier (comparez Habakuk 2:19 dans Ostervald et Darby ; voir aussi Révélation 13:15, TMN). Ils peuvent aussi signifier vent (Exode 10:13), force vitale des créatures vivantes (Genèse 7:22), esprit (humeur, caractère) que quelqu’un manifeste (Genèse 26:35, Darby), personne spirituelle, comme Dieu (Jean 4:24) ou un ange (1Rois 22:21 ; Ephésiens 6:12, Osty), ou encore esprit saint de Dieu.

Les mots hébreu et grec traduits par "esprit" ne laissent donc pas entendre par eux-mêmes qu’il s’agit d’une personne. Ils emportent l’idée de souffle, d’air en mouvement ou de vent. Ils désignent quelque chose qui est invisible à l’œil humain et qui donne des signes de force en mouvement. Une telle force invisible est capable de produire des effets visibles.

Une personne ou une force personnifiée ?

Les Écritures disent parfois que l’esprit saint parle, guide, enseigne, rend témoignage, etc. Ces fonctions n’indiquent-elles pas qu’il a une personnalité ? Pas nécessairement. Considérez ce que dit l'encyclopédie catholique déjà citée :

 

« La majorité des textes du Nouveau Testament présentent l’esprit de Dieu comme étant une chose et non une personne ; c’est ce qui ressort particulièrement du parallélisme entre l’esprit et la force de Dieu. Quand des activités qui sont presque exclusivement le fait d’une personne sont attribuées à l’esprit de Dieu, par exemple parler, empêcher, désirer, habiter (Actes 8:29 ; 16:7 ; Rom. 8:9), on n’a aucune raison de conclure aussitôt que dans ces passages l’esprit de Dieu est considéré comme une Personne ; les mêmes expressions sont également utilisées dans des images à propos de choses ou d’idées abstraites personnifiées (voir Romains 8:6 ; 7:17). Ainsi le contexte de la phrase : ‘le blasphème contre l’esprit’ (Mat. 12:31 ; cf. Mat. 12:28 ; Luc 11:20) révèle qu’il est question ici de la force de Dieu. » (New Catholic Encyclopedia, 1967, tome XIII, p. 575).

Effectivement, des personnifications ne prouvent pas qu’il s’agit de personnes. Par exemple, la sagesse est personnifiée en Matthieu 11:19 et en Luc 7:35, où on lui attribue des " œuvres " et des " enfants ". L’apôtre Paul décrivit le péché, la mort et aussi la faveur imméritée comme autant de rois qui ‘ règnent ’. (Romains 5:14, 17, 21 ; 6:12.) Il dit que le péché ‘ trouve une occasion ’, ‘ produit de la convoitise ’, ‘ séduit ’ et ‘ tue ’. (Romains 7:8-11.) Pourtant, à l’évidence, Paul ne voulait pas dire que le péché est une personne.

Certes, on dit que l’esprit saint ‘ atteste ’ ou ‘ témoigne ’ (Actes 5:32 ; 20:23), mais on peut remarquer en 1 Jean 5:6-8 une expression similaire au sujet de l’eau et du sang. Plusieurs textes indiquent que l’esprit ‘ atteste ’, ‘ parle ’ ou ‘ dit ’ certaines choses, mais il ressort d’autres passages qu’il ne le fit que par l’intermédiaire de différentes personnes (voir Hébreux 3:7 ; 10:15-17 ; Psaumes 95:7 ; Jérémie 31:33, 34 ; Actes 19:2-6 ; 21:4 ; 28:25). On pourrait donc le comparer aux ondes radioélectriques qui transmettent un message de quelqu’un parlant dans un microphone et font que d’autres personnes entendent cette voix loin de là, et qui, en quelque sorte, ‘ parlent ’ ou ‘ disent ’ le message au moyen d’un haut-parleur.

Avec ou sans les majuscules ?

Dieu est un Esprit et il est saint ; et puisque tous ses anges fidèles sont des esprits et sont saints, il est évident que si " l’esprit saint " était une personne, on devrait logiquement trouver dans les Écritures un moyen de distinguer et d’identifier cette personne spirituelle par rapport à tous ces autres ‘ esprits saints ’. On s’attendrait, pour le moins, à le rencontrer accompagné de l’article défini dans tous les cas où il n’est pas appelé " l’esprit saint de Dieu " ni modifié par quelque expression similaire. Au moins, cela le ferait ressortir comme L’ Esprit Saint ou le Saint Esprit. Mais, au contraire, dans un grand nombre de cas, l’expression " esprit saint " est dépourvue d’article dans l’original grec, ce qui tendrait encore à souligner son caractère impersonnel. — Voir Actes 6:3, 5 ; 7:55 ; 8:15, 17, 19 ; 9:17 ; 11:24 ; 13:9, 52 ; 19:2 ; Romains 9:1 ; 14:17 ; 15:13, 16, 19 ; 1Corinthiens 12:3 ; Hébreux 2:4 ; 6:4 ; 2Pierre 1:21 ; Jude 20, dans la traduction interlinéaire de votre choix.

Nombre de traducteurs des Écritures considèrent comme une irrévérence de ne pas mettre l'article défini le devant " esprit saint ", mais telle ne fut pas l'attitude des écrivains de la Bible. On est en droit de se demander pourquoi. Car si l'esprit saint est effectivement une personne divine, cette absence de l'article défini pour le désigner comme le Saint Esprit est un manque de respect flagrant et, disons-le, incompréhensible.

Nous reviendrons plus loin sur l'usage que nos Bibles modernes font des majuscules quand elles nomment l'esprit saint. Il y a en effet dans ce domaine des curiosités qui interpellent sérieusement.

L’"assistant" est-il forcément une personne ?

La Bible parle de l’esprit comme d’un "assistant", d’un "consolateur" ou d’un "intercesseur" et elle utilise le pronom personnel masculin "il" pour le désigner. Cela est-il une preuve que l’esprit est une personne ? Voyons ce qu’il en est.

Selon Jean 16:7, 8, 13, d’après la traduction anglaise dite Version autorisée, Jésus déclara : "Si je ne m’en vais pas, le Consolateur [paraklêtos] ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Et quand il [en anglais "he", pronom personnel masculin] viendra, il ["he"] reprendra le monde. (...) Quand il ["he"], l’Esprit de vérité, viendra, il ["he"] vous guidera dans toute la vérité."

À propos de ces versets, la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.; t. XIII, pp. 575, 576) fait ce commentaire : "Pour saint Jean, il est si évident que l’Esprit est une personne qui remplace le Christ dans l’Église, qu’il utilise un pronom masculin [ékéïnos] avec l’Esprit, bien que ce mot [pneuma, esprit] soit du genre neutre (16:8, 13-16). Par conséquent, il est évident que saint Jean considérait le Saint Esprit comme une Personne, distincte du Père et du Fils, qui, avec le Fils glorifié et le Père, est présente et active parmi les fidèles (14:16 ; 15:26 ; 16:7)."

Mais Jean utilisa-t-il vraiment le pronom masculin alors que le mot "esprit" est du genre neutre ? Voulait-il montrer que l’esprit est en réalité une personne ? Pourquoi ne pas relire le passage de Jean 16 cité plus haut ? Quel est l’antécédent du pronom masculin "il" ["he"] ? N’est-ce pas le mot "Consolateur" ? Effectivement, et le terme grec traduit ainsi est paraklêtos, un nom masculin. Jean utilisa donc fort justement le pronom masculin dans ce passage parce que la grammaire l’exigeait.

Toutefois, Jean n’employa pas des pronoms masculins quand l’antécédent était en réalité le mot neutre pneuma (esprit). On s’en rend compte facilement quand on lit une traduction littérale comme celle de Rotherham, en anglais. Dans celle-ci, selon Jean 14:16, 17, les paroles de Jésus se lisent comme suit : "Je solliciterai mon Père, et il vous donnera un autre Avocat [paraklêtos], afin qu’il ["he"] puisse être avec vous à jamais, — l’Esprit [pneuma] de vérité, — que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le [en anglais "it", pronom neutre] voit ni ne le ["it"] connaît. Mais vous le ["it"] connaissez parce qu’il ["it"] habite avec vous et qu’il ["it"] est en vous." Le pronom est au genre masculin ("he") quand l’antécédent est le nom masculin paraklêtos, mais neutre ("it") quand l’antécédent est le nom neutre pneuma.

Ce fait est souvent dissimulé dans les traductions anglaises de la Bible qui remplacent les pronoms neutres par des pronoms masculins. Dans les versions françaises, cette différence n’est pas visible car il n’y a pas de genre neutre. Dans une note en bas de page sur Jean 14:17, La nouvelle Bible américaine reconnaît : "Le mot grec pour ‘Esprit’ est neutre, et bien que nous utilisions en anglais des pronoms personnels (‘he’, ‘his’, ‘him’), la plupart des MSS [manuscrits] grecs emploient ‘it’."

En résumé, retenez que l’emploi par Jean des pronoms — neutres ou masculins — est une question de grammaire, et que l'emploi dans certains cas du pronom masculin ne prouve absolument pas que l'esprit saint est une personne divine.

Baptisé au nom de l'esprit saint

Que dire de Matthieu 28:19 qui parle du " nom du Père et du Fils et de l’esprit saint " ?

Là non plus ce n'est pas une preuve que l'esprit est une personne. Même les partisans de la trinité reconnaissent que dans Matthieu 28:19 le mot "nom" ne désigne pas un nom personnel. L’helléniste A. T. Robertson (Word Pictures in the New Testament, t. I, p. 245) déclare : "L’emploi du nom ([en grec] onoma) ici est courant dans la Septante et les papyrus pour désigner la force ou l’autorité."

Pour montrer que le terme "nom" utilisé ainsi n’implique pas nécessairement une personne, on peut rappeler les expressions françaises " au nom de la loi " ou " au nom du bon sens ". Dans les deux cas on n’évoque pas une personne, mais on veut plutôt dire : ‘ En vertu de ce que représente la loi ou des pouvoirs qu’elle confère ’, ou : ‘ En invoquant ce que le bon sens signifie et requiert. ’

De même, être baptisé ‘au nom de l’esprit’ signifie reconnaître cet esprit, sa force et ses fonctions.

Des expressions qui ne peuvent concerner qu'une personne ?

La Bible dit clairement que l'on peut attrister l'esprit saint, lui mentir ou même blasphémer contre lui. Faut-il tirer de ces expressions la conclusion que l'esprit saint est forcément une personne ? (Éphésiens 4:30 ; Actes 5:3 ; Matthieu 12:31).

Ce serait aller un peu vite en besogne. Considérez les expressions françaises suivantes :

Outrage à la pudeur. Les synonymes du mot ' outrage ' sont : blasphème, insulte, offense, viol. Selon ces définitions, il est donc possible d'insulter la pudeur, de la violer et même de blasphémer contre elle. Pourtant, la pudeur n'est pas une personne. La pudeur est une " retenue en particulier en ce qui concerne la sexualité ".

Offenser le bon goût. Synonymes d'offenser : choquer, outrager. Le bon goût n'est pas une personne mais il est pourtant possible de l'outrager, lui aussi. On peut pareillement offenser le bon sens... qui n'est pas non plus une personne.

Mentir à la justice. Voila une expression que l'on peut mettre en parallèle avec Actes 5:1-11 où nous lisons que Ananias a menti à l'esprit saint (verset 3) et à Dieu (verset 4). Les partisans de la Trinité disent que puisque mentir à l'esprit saint c'est mentir à Dieu, l'esprit saint est donc forcément une personne et il est Dieu. Utilisons donc une comparaison. Un homme a fait un faux témoignage. Dans un même article relatant l'affaire, un journaliste pourra écrire que cet homme a menti à la justice et au juge chargée de l'enquête. Les lecteurs vont-ils en conclure que la justice et le juge sont une seule et même personne ? Ou que la justice est une personne parce que le juge en est une ? Certainement pas. Parce que si le juge est clairement une personne la justice, elle, n'en est pas une !

Il faut donc plus que des expressions pouvant être manifestement interpréter de deux manières opposées pour déterminer si l'esprit saint est une personne ou non.

Ouvrons cependant ici une petite parenthèse pour examiner Matthieu 12:31 et 32; Voici ces versets dans la version Segond :

" C'est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. "

Discernez-vous la difficulté qui se présente ici, si l'on considère que l'esprit saint et Jésus sont parfaitement égaux ? Celui qui blasphème contre lui, dit Jésus, peut être pardonné. Mais celui qui blasphème contre l'esprit ne sera jamais pardonné. Que faut-il comprendre ? Que Jésus est inférieur à l'esprit saint ? De toute évidence, oui. Vous avez une autre explication ?

Des preuves de son caractère impersonnel

Un argument sérieux contre l’idée que l’esprit saint soit une personne est la façon dont on le trouve associé à d’autres choses impersonnelles.

Par exemple, en Matthieu 3:11 et Marc 1:8 l'esprit saint est associé à l’eau et au feu. Lisons Matthieu 3:11 dans la version Segond : « Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. »

Baptiser signifie immerger, plonger, submerger. On peut baptiser en plongeant des personnes dans l'eau, en les immergeant. On peut baptiser de feu en immergeant des personnes dans les flammes ou en provoquant leur destruction. Mais comment peut-on baptiser d'une personne ? Comme ni l'eau ni le feu ne sont des personnes, n'est-il pas logique de conclure que l'esprit saint n'en est pas une non plus ?

 

Il est parlé également de chrétiens baptisés " dans de l’esprit saint ". En Actes 1:5 nous lisons ceci (Darby) : « Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de* l’Esprit Saint, dans peu de jours. » L'astérisque à de (l’Esprit Saint) renvoie à une note où nous lisons : « litt.: dans, dans la puissance de. »

La Bible Annotée Neuchâtel traduit : « vous serez baptisés d'Esprit saint » et met en note : « Grec : baptisés (c'est-à-dire plongés) dans l'Esprit saint. » (Voir aussi Actes 11:16). De nouveau demandons-nous : Comment peut-on baptiser dans une personne ?

Ailleurs, certains sont exhortés à ‘ se remplir d’esprit ’ plutôt que de vin (Éphésiens 5:18). Quelle surprenante opposition ne trouvez-vous pas ? Opposer une personne divine, de qui nous sommes invité à nous ' remplir ' (?), à une boisson alcoolisée, ne vous apparait-il pas incongru ?

On mentionne également des hommes " pleins d’esprit " et d’autres qualités telles que la sagesse, la foi (Actes 6:3, 5 ; 11:24) ou la joie (Actes 13:52) ; et, dans l’énumération de qualités semblables en 2 Corinthiens 6:6, on trouve, intercalé, " de l’esprit saint ". Dans ce dernier texte, qu'est-ce qu'une personne divine vient faire au milieu d'une liste de qualité chrétiennes ?

De telles expressions paraissent pour le moins curieuses et inappropriées si l'on considère l'esprit saint comme une personne divine... A l'opposé, une force en action trouve parfaitement sa place dans ces expressions. Relisez ces versets en ayant cela à l'esprit et voyez ce que cela donne...

Des faits significatifs

Selon la définition qu'en donne les Témoins de Jéhovah, l'esprit saint n'est pas une personne mais la force agissante de Dieu, le terme " force " désignant une énergie à l’œuvre, qui s’exerce sur des personnes ou des choses. Cette force provient de Dieu qui en est la source ou l'origine.

Si cette définition est exacte, tous ceux qui bénéficient de cet esprit saint — Jésus y compris — doivent le recevoir de Dieu et de Lui seul. Cette force, comme toutes les autres — par exemple la force électrique — doit aussi pouvoir se répartir ou se diviser. Dire la même chose d'une personne divine ne conviendrait pas. Comment imaginer, en effet, qu'une personne puisse se partager ou se fractionner ? Examinons ce que dit la Bible.

Comparons Matthieu 12:28 et Luc 11:20 (Segond). Dans Matthieu, nous lisons que Jésus chasse les démons " par l'Esprit de Dieu ". En Luc, " c'est par le doigt de Dieu " qu'il le fait. Conclusion : l'Esprit de Dieu = le doigt de Dieu, l'instrument dont il se sert. Jésus possédait-il cet esprit, cet instrument, parce qu'il est Dieu, par définition ? Non. Comment le savons-nous ? En lisant Jean 14 à 16 (Segond).

Peu avant sa mort, Jésus a fait cette promesse à ses apôtres : " Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité. (...) Mais le consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. " (Jean 14:16, 17, 26). Il ajouta ensuite : " Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. " (Jean 15:26). Et encore : " Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. " (Jean 16:7).

Relevons que Jésus — après sa résurrection et son retour au ciel — doit prier son Père pour que Celui-ci donne à ses disciples Son esprit saint. Le Père, en réponse à la prière de son Fils, enverra alors l'esprit saint. De toute évidence, qui possède l'esprit saint alors même que Jésus est de retour au ciel ? Le Père ! Pour avoir cet esprit, le Fils doit le demander. Plutôt étrange non, si l'on considère que le Fils est Dieu au même titre que son Père...

Lisons maintenant Actes 1:8 (Segond). C'est toujours Jésus qui parle, après sa résurrection cette fois-ci : " Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins..." Une ' puissance ' ? Voyez-vous ça !

Voyons l'accomplissement de cette promesse, en Actes 2:1-4. Ecoutez ensuite le discours de Pierre : " C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité ; ce dont nous tous, nous sommes témoins. Ayant donc été élevé par la droite de Dieu et ayant reçu du Père l'Esprit-Saint qu'il avait promis, il a répandu ce que vous-mêmes aussi voyez et entendez. " (Actes 2:32, 33, Neuchâtel). Jéus a reçu du Père l'esprit saint — après le lui avoir demandé, comme promis — et il peut donc à son tour le donner à ses disciples. Pourrait-on dire : le distribuer, le partager ?

Oui ! Lisons Actes 2:18 où Pierre cite le prophète Joël : " Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront. " La note pour ce verset 18 dit dans Neuchâtel : " Il y a dans l'hébreu : Je répandrai mon Esprit ; Pierre dit, avec la version grecque : de mon Esprit, expression partitive [qui désigne une partie d'un tout] qui, selon Meyer, signifie que de la plénitude de son Esprit, Dieu accorde à chacun une certaine mesure, selon ses besoins, sa capacité ou sa vocation. D'après Olshausen, cette tournure désignerait la mesure de l'Esprit dispensée à l'église actuelle, par opposition à la plénitude qui sera répandue sur l'Eglise des derniers temps. "

Etes-vous capable d'expliquer ce que peut bien vouloir dire recevoir " une certaine mesure " d'une personne divine ? Discernez-vous ce que signifie " la plénitude " de cette personne divine en opposition avec une simple " mesure " de cette même personne ? Si oui, vous avez de la chance ! Pour moi, ces notions sont plus qu'abstraites. Elles sont tout simplement illogiques.

Par contre, je comprends tout à fait ce que peut vouloir dire " une certaine mesure " d'une force agissante, ou d'une " puissance " (Actes 1:8). Des 20 000 volts qui transitent au-dessus de nos têtes, à quelques centaines de mêtres de chez moi, juste une petite mesure arrive jusqu'à mon compteur électrique...

Revenons sur l'utilisation des majuscules

Comme nous l'avons vu, c’est au traducteur de décider de l’emploi qu’il fera des majuscules. Ainsi, ceux qui croient que l’esprit saint est la troisième personne d’une trinité écriront évidemment le " Saint Esprit " avec des majuscules.

Par exemple, dans Actes 1:8 (New English Bible), nous lisons : " Vous recevrez de la puissance quand le Saint Esprit descendra sur vous." Mais que lisons-nous à propos de la réalisation de ces paroles de Jésus ? " Voici ce qu’il adviendra dans les derniers jours : Je répandrai sur chacun une portion de mon esprit." (Actes 2:17, New English Bible). Où sont les majuscules ? Pourquoi ont-elles disparu ? Parce que Dieu ne peut répandre une portion d’un Dieu coégal. Tel qu’il est utilisé ici, le mot " esprit " ne peut s’appliquer à une personne. Puisque ce texte relate justement la réalisation de ce que Jésus avait annoncé selon Actes 1:8, il s’ensuit que Jésus ne pensait pas à une personne quand il dit à ses apôtres qu’ils recevraient l’esprit saint. Il ne devrait donc pas non plus y avoir de majuscules dans Actes 1:8.

La New English Bible n'est pas un cas isolé. La version Segond met une majuscule à ' esprit ' en Actes 2:17 mais pas en Joël 2:28 que Pierre cite pourtant pour en signaler la réalisation. Pourquoi une telle incohérence ? Si les majuscules se justifient dans le livre des Actes, elles devraient également apparaitre dans Joël.

Considérons un autre passage biblique où il est question de l'esprit saint partagé entre plusieurs personnes. Prenons Nombres 11. Nous apprenons que Moïse courbe sous le poid de la tache que Dieu lui a confiée et il ne la supporte plus. Il demande la mort à Dieu (Nombres 11:14, 15, Neuchâtel). En réponse, Dieu lui dit ceci : " Assemble-moi soixante-dix hommes des Anciens d'Israël, que tu saches être Anciens du peuple et hommes d'office ; amène-les vers la Tente d'assignation et qu'ils se tiennent là avec toi. Et je descendrai et parlerai là avec toi ; et je prendrai une partie de l'esprit qui est sur toi et le mettrai sur eux, et ils porteront avec toi le fardeau du peuple. " (Nombres 11:16, 17).

Lors de la réalisation de la Parole de Dieu, le récit dit : " Et l'Eternel descendit dans la nuée et lui parla ; et il prit une partie de l'esprit qui était sur lui et le mit sur soixante-dix hommes, sur les Anciens. " (Nombres 11:25).

A la place de l'expression " une partie de ", Segond traduit : " Je prendrai de l'esprit " (verset 17) et : " Il prit de l'esprit qui était sur lui, et le mit sur les soixante-dix anciens " (verset 25). L'utilisation de l'article partitif " de ", article qui désigne une partie d'un tout, revient strictement à dire " une partie de ".

Avez-vous noté ? " Je prendrai une partie de l'esprit qui est sur toi et le mettrai sur eux. " De quel esprit est-il question ici ? De l'esprit saint ? Oui. Dans ses notes, Neuchâtel met une majuscule à ' Esprit ' pour signaler qu'il s'agit bien là de l'esprit saint de Dieu. Question : Pourquoi les auteurs de cette Bible n'ont-ils pas mis des majuscules à ' esprit ' dans le texte biblique, alors qu'ils en ont mis dans leurs notes ? Est-ce parce qu'il est question dans le récit de prendre " une partie " de l'esprit saint reposant sur Moïse pour le distribuer sur 70 autres hommes et que cela est impensable si l'on parle d'une personne divine ? A vous de voir.

En ce qui me concerne, c'est tout vu. Une force peut se partager et être distribuée en parties distinctes, mais il ne conviendrait pas de dire la même chose d'une personne divine. Par conséquent, faute d'arguments probants démontrant que l'esprit saint est une personne, je me range du côté des Témoins de Jéhovah pour reconnaitre dans l'esprit saint la force agissante de Jéhovah.

Ce que dit la Bible sur l'esprit saint de Dieu, qu'il est une force et non une personne, pulvérise le dogme de la trinité tel qu'il est généralement enseigné : un seul Dieu en trois personnes.

 

 

Publié dans La Trinité

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maurice 19/09/2016 17:59

il ny a qu'un seul Dieu et qu'une seule vérité. Mais a cause des fausses religions, des philosophies humaines et de l'apostasie annoncé par jésus ,la vrai vérité s'est perdue.

Thomas 10/02/2015 12:23

Bonjour,

Je pense que tu vois les choses d'un point de vue très humain et "terre à terre" (notions "abstraites", "illogiques"). Nous ne connaissons rien à la divinité. La personnification de l'Esprit est prégnante au travers de toute la Bible (et pas seulement dans un ou deux versets). Certains (dont je fais partie) pensent que la Sagesse de Proverbes 8 désigne l'Esprit Saint et pas Jésus. Si, comme Jean, on pense que Jésus est la personnification de la Parole de Dieu et un être divin à part entière (Jean 1), en quoi serait-il déplacé de penser que l'Esprit Saint est lui aussi à fois la personnification de la Puissance de Dieu et un être divin à part entière ?


J'aurais aimé voir ton avis sur texte :

Or le Seigneur est l’Esprit ; et là où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté. - 2 Corinthiens 3:17

bleu_lagon 10/05/2015 00:56

L'usage du Nom propre de Dieu dans le nouveau testament se justifie tout à fait, à mon point de vue. Oui, Jéhovah est l'Esprit, ou un esprit. Comme Jésus l'a lui même dit : " Dieu est un Esprit, et ceux qui l’adorent doivent [l’]adorer avec [l’]esprit et [la] vérité " (Jean 4:24).

Il ne faut pas tout mélanger, dis-tu. Tu fais allusion à l'une de mes déclarations ?

Thomas 09/05/2015 10:23

bleu_lagon, tu sais comme moi que le texte grec ne comporte pas le tétragramme donc cette traduction n'est pas valide.
Et de toute manière ça ne change rien en 2 Corinthiens 3:17 qui montre bien que le Seigneur EST l'Esprit (note bien l'article défini l'), pas qu'il est un Esprit.
Et le mot esprit a de nombreuses significations dans le nouveau testament, il faut faire attention à ne pas tout mélanger.

bleu_lagon 28/03/2015 02:22

Nous connaissons de la divinité ce qu'elle nous révèle d'elle.... c'est à dire beaucoup de chose (Jean 17:3). Encore faut-il l'écouter elle et pas la philosophie humaine qui complique tout.

" Or Jéhovah est l’Esprit ; et là où est l’esprit de Jéhovah, là est la liberté " (TMN). Et donc ? C'est fou comme l'utilisation du nom personnel de Dieu rend tout de suite certains versets parfaitement compréhensibles !

En quoi serait-il déplacé de penser que l'Esprit Saint est (...) un être divin à part entière ? C'est simple, si tel n'est pas le cas, on ne peut adorer Dieu avec l'esprit et la vérité (Jean 4:24). Rien de moins.

Témoins de Jéhovah 07/05/2012 19:55

Excellent!

bleu_lagon 16/05/2013 02:11


Merci !


Blaise wilson 28/12/2010 03:15


Mais le passage n'a pas dit qu'Ananias a menti a l'esprit et a Dieu par contre votre demarche n'a rien a voir avec the texte en question.


bleu_lagon 30/12/2010 13:11



Bonjour Blaise,

En êtes-vous bien sûr ? Voici Actes 5:3 et 4 dans la version Segond : " Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu
mentes au Saint Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ? S'il n'eût pas été vendu, ne te restait-il pas? Et, après qu'il a été vendu, le prix n'était-il pas à ta
disposition? Comment as-tu pu mettre en ton coeur un pareil dessein? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu."

Pour le reste, je vous remercie de m'éclairer sur votre déclaration : " Votre demarche n'a rien a voir avec the texte en question."

Cordialement, bleu_lagon.