Les "formules trinitaires" (Père, Fils, Saint Esprit)

Publié le par bleu_lagon

Certains passages des Ecritures sont présentés comme contenant une " formule trinitaire. " Dans ces textes figurent le Père, le Fils et l'esprit saint, bien que pas toujours cités dans le même ordre. Voici ces textes :

Matthieu 28:19 (Père, Fils, esprit saint)

1Corinthiens 12:4-6 (esprit, Seigneur, Dieu)

2Corinthiens 13:14 ([13 dans un certain nombre de versions] Jésus Christ, Dieu, esprit saint)

Galates 4:4-6 (Dieu, Fils, esprit du Fils)

Éphésiens 4:4-6 (esprit, Seigneur, Dieu)

1Pierre 1:2 (Dieu, esprit, Jésus Christ).

TROIS SUJETS CITÉS... ET APRÈS 
?

La Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.) présente trois de ces textes en disant : " La plus ancienne preuve qu’offre le N[ouveau] T[estament] se trouve dans les épîtres pauliniennes, en particulier en 2 Cor. 13:13 [verset 14 dans certaines Bibles] et 1 Cor. 12:4-6. Pour ce qui est des Évangiles, la seule preuve explicite de la Trinité est contenue dans la formule baptismale de Mt. 28:19."

J'ai déjà examiné Matthieu 28:19 dans un poste précédent. Ma conclusion était que ce verset ne prouve pas la Trinité. Mais qu'en est-il des autres passages cités ci-dessus ?

Les questions que j'ai soulevées pour Matthieu 28:19 peuvent également s'appliquer ici : " Quelle preuve explicite de la Trinité avons-nous dans ces versets ? Lit-on dans ceux-ci que Dieu, le Christ et le Saint Esprit constituent une Divinité constituées de trois personnes, égales en substance, en pouvoir et en éternité ? "

La réponse à ces questions est aussi la même : Nous ne pouvons honnêtement pas prétendre que la Trinité y est explicitée clairement. Et le fait que le Père, le Fils et le Saint Esprit soient cités ensemble ne prouve pas leur appartenance à une même divinité, pas plus que le fait de nommer trois personnes à la suite n’implique qu’elles soient trois en une. Abraham, Isaac et Jacob sont souvent cités ensemble, mais personne n'en conclura qu'ils forment une entité composée de trois personnes (Exode 2:24 - Segond). Même chose pour Pierre, Jacques et Jean (Marc 5:37).

Dans leur Encyclopédie de littérature biblique, théologique et ecclésiastique (angl.), McClintock et Strong reconnaissent que ce type d’expressions " prouve seulement que les trois sujets sont cités, (...) mais il ne prouve pas, en soi, que tous trois aient nécessairement part à la nature divine et reçoivent de manière égale l’honneur divin ".

Bien que ses auteurs soient trinitaires, cet ouvrage dit concernant les éléments dont parle 2 Corinthiens 13:13 (14): " Nous ne pouvons légitimement inférer qu’ils possédaient une égale autorité, ou la même nature." Il ajoute à propos de Matthieu 28:18-20: " Néanmoins, ce seul texte n’établit pas d’une manière décisive la personnalité des trois sujets en question, ni leur égalité ou leur divinité."

ARRÊT SUR LE BAPTÊME DE JÉSUS

Les défenseurs de la Trinité voit dans cet évènement une belle représentation de la Trinité. Qu'en est-il vraiment? Reprenons le récit biblique pour examiner cette question.

Matthieu 3:16, 17 (Segond) dit : " Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. "

Certes, nous avons là le Fils, l'esprit saint de Dieu et une voix venant du ciel qui est manifestement celle de Dieu, le Père de Jésus. Mais ce passage dit-il que les trois sont un ? Non. Et il est impossible de déduire de ces versets que les trois sont égaux en autorité, en sagesse ou qu'ils sont de toute éternité.

Tout ce que nous pouvons honnêtemnt déduire de ce passage, c'est que le Père aime tendrement Jésus car celui-ci est son Fils. Même le rôle de l'Esprit de Dieu reste énigmatique ici. Pourquoi vient-il sur Jésus ? Dans quel but ? Et pourquoi apparait-il sous la forme d'une colombe alors que dans d'autres passages des Ecritures il se présente sous l'aspect de " langue de feu " (Actes 2:3) ?

Pour comprendre le rôle de l'esprit saint de Dieu ici, il faut chercher ailleurs dans les évangiles. En Luc 4:18, Jésus explique : " L'Esprit du Seigneur [Dieu, Jéhovah] est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé. "

Jésus lisait là le rouleau du prophète Esaïe (61). La note de la Bible Annotée Neuchâtel dit à ce chapitre :

" L'Eternel m'a oint. L'onction est l'emblème de la communication des dons du Saint-Esprit. C'était par cette cérémonie que les prêtres, les rois et quelquefois les prophètes étaient introduits dans leur charge (Exode 28.41; 1Rois 1.39; 19.16). Le serviteur de l'Eternel, tel qu'il a été dépeint jusqu'ici (particulièrement dans les chapitres 42 et 53), réunit en sa personne ces trois charges et reçoit pour les remplir la plénitude de l'Esprit divin (11.2; 42.1). Ce don s'est réalisé pour Jésus au moment de son baptême; l'Esprit est descendu et est demeuré sur lui (Jean 1.32; 3.34). Le nom de Messie vient en hébreu du verbe oindre; le choix de ce verbe confirme notre opinion que c'est le Messie qui parle. Jésus lui-même a déclaré être le personnage ici annoncé, quand il a dit, après avoir lu le commencement de ce discours dans la synagogue de Nazareth : Cette parole est accomplie aujourd'hui, et vous l'entendez (Luc 4.16-21)."

En résumé donc, lorsque l'esprit saint de Dieu est descendu sur Jésus au moment de son baptème, il l'a oint — ou introduit dans sa charge — en le désignant comme le Messie, ou Oint.

Quel rapport cela a-t-il avec la Trinité? En vérité, aucun. Pour preuve, nous avons ce qui s'est produit sur les 120 disciples de Jésus réunis en un même lieu, à Jérusalem, quelques jours après l'ascension de Jésus au ciel. Le chapitre deux des Actes des apôtres expliquent : " Il se fit tout à coup, du ciel, un bruit semblable à celui du vent qui souffle avec violence ; et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et des langues séparées, comme de feu, leur apparurent et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis de l'Esprit saint, et ils commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. " (Actes 2:2 à 4)

Pierre expliquera à la foule ébahie ce qui vient de se produire en citant le prophète Joël (2:28 à 32). Ces 120 disciples de Jésus ont eux aussi été oint de l'Esprit de Dieu, comme Jésus. L'onction de Jésus n'était donc pas un signe de son appartenance à une Trinité mais bien une introduction dans une charge.

CONCLUSION

Dans son Theological Dictionary of the New Testament, Gerhard Kittel dit son opinion sur cette question : " En réalité, le N[ouveau] T[estament] n’évoque jamais l’idée d’une trinité. C’est en vain que nous la chercherions dans les formules ternaires du N. T."

Pour moi aussi il est clair que ces prétendues " formules trinitaire " ne le sont que pour celui qui veut bien les considérer ainsi. Rien dans ces versets eux-mêmes ne nous informe sur les relations qui existent entre le Père, le Fils et l'Esprit de Dieu. Par conséquent, ces textes ne prouvent pas non plus la Trinité.

 

 

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