Premier bilan

Publié le par bleu_lagon

Avant de poursuivre notre étude des arguments avancés pour prouver la Trinité, il peut être utile de faire le point sur ce que nous avons déjà examiné. Ce rapide résumé stimulera notre mémoire tout en accentuant une nouvelle fois les idées principales que nous avons abordées.

Voici la liste des textes bibliques étudiés :

1Jean 5:7
1Timothée 3:16
Jean 3:13
Jean 10:30
Hébreux 1:8, 9
Romains 9:5
Actes 20:28
Jean 1:1
1Jean 5:20
Tite 2:13
Matthieu 28:19
Genèse 1:1
Jean 8:58
Exode 3:14
Philippiens 2:5, 6
Isaïe 9:6
Mathieu 1:22
Jean 14:9

Ajoutons à cette liste l'étude concernant la définition du monothéisme biblique et celle examinant les prétendues formules trinitaires de la Bible.

RAPPEL DES POINTS PRINCIPAUX

1Jean 5:7 se lit ainsi dans certaines Bibles :
" Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont un." Les mots en italiques n'ont pas été écrit par l'apôtre Jean. Cette interpolation est un faux que l'on ne peut donc logiquement pas utiliser pour prouver la Trinité.

1Timothée 3:16 est rendue comme suit dans certaines Bibles : " Dieu a été manifesté en chair." Nous savons que le texte original ne contenait pas " Dieu " mais " il a été manifesté en chair." Cette modification du texte est le résultat d'une grossière falsification d'un manuscrit. Ce faux est naturellement irrecevable pour prouver la trinité.

Jean 3:13 présente une légère différence d'une Bible à l'autre. On trouve parfois la leçon : "
Or personne n’est monté au ciel, que celui qui est descendu du ciel, savoir, le Fils de l’homme qui est dans le ciel." Les mots en italiques sont absents des manuscrits les plus anciens et les plus fiables. Ils ont donc été retiré de la plupart des Bibles modernes et ne peuvent être utilisés en faveur de la Trinité.

Jean 10:30 dit : " Moi et le Père, nous sommes un." Par un, Jésus entendait-il un seul Dieu en trois personnes? L'usage que Jésus a fait de la même expression en Jean 17 nous prouve que non. Jésus parlait seulement d'unité de pensée, d'objectif et d'action. Jésus ne parlait pas de la Trinité dans ce verset.


Hébreux 1:8, 9 cite le Psaume 45:7 et 8. Deux traductions sont possibles : " ton trône Ô Dieu " ou " Dieu est ton trône." La première est en faveur de la Trinité, la seconde non. L'examen du texte grec et hébreu, et l'étude du contexte, penche nettement en faveur de la deuxième leçon.

Romains 9:5 autorise deux leçons. La première présente Jésus comme étant Dieu au-dessus de tout, la seconde utilisant une doxologie adressée à Dieu, et non plus à Jésus. Le texte grec permettant les deux traductions, seul le contexte immédiat et étendu permet de trancher. La version "trinitaire" de ce verset ne peut donc servir à une argumentation solide en faveur de la Trinité.

Actes 20:28 : les traductions de la Bible se divisent en deux catégories. D'un côté celles qui disent que Dieu s'est acquis l'Eglise " par son propre sang. " De l'autre celles qui disent que Dieu s'est acquis l'Eglise " par le sang de son propre fils. " Le texte grec autorise les deux leçons, mais la deuxième est plus conforme à l'enseignement de la Bible. Ce verset ne peut donc être présenté comme une preuve irréfutable de la Trinité.

Jean 1:1. La difficulté de ce verset réside dans la manière de traduire le mot théos qui désigne la Parole (Jésus). Selon les traductions, on trouve Dieu, dieu, un dieu, de nature divine, de condition divine etc. La manière dont le texte grec se présente devrait permettre au traducteur consciencieux d'adopter une leçon qui tienne compte de toutes les particularités de ce verset. Le mot théos qui désigne Jésus a la valeur d'un adjectif. Il indique une qualité chez la Parole, non une individualité. Jean a volontairement séparé Dieu de la Parole dans ce verset, mais bien peu de traducteur font valoir cette séparation. Leur objectif est clair : apporter une preuve de la Trinité. Mais celle-ci n'apparaît pas dans le texte original.


1Jean 5:20. Quelques traductions laissent à penser que c'est Jésus qui est désigné par Jean comme le " Dieu véritable." Mais le texte grec n'est pas aussi catégorique pour confirmer ainsi la Trinité. Jésus, en Jean 17:3, indique clairement qui est le seul Vrai Dieu, le véritable.

Tite 2:13. Quelques traductions attribuent les mots " grand Dieu " et " Sauveur " à Jésus-Christ. Certaines traductions rendent cependant ce passage de manière à établir une distinction entre Dieu et Jésus. La version "trinitaire" de ce verset est loin d'être aussi attestée que certains le disent.

Matthieu 28:19 dit : " Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit " Au nom est au singulier. Il n'en suffit pas plus à certains pour y voir un seul Dieu en trois personnes. Mais le sens réel de cette expression contredit cette conclusion simpliste.

Genèse 1:1 parle de Dieu, en hébreu Èlohim, " dieux ". Certains y voient une allusion à la Trinité. La Bible leur donne tort.

Jean 8:58 est à rapprocher de Exode 3:14. Les défenseurs de la trinité affirment que dans ce premier texte Jésus utilise un titre, " JE SUIS ", que Jéhovah s'attribue en Exode 3:14. Un examen attentif et impartial de ces deux textes bibliques prouve cependant qu'il n'en est rien. Le nom que Jéhovah se donne en Exode 3:14 n'est même pas JE SUIS, mais l'Etant, l'Existant.

Philippiens 2:5, 6. Selon ce que dit Paul dans ce passage, Jésus était-il ou non l'égal de Dieu? Les partisans de la Trinité tentent de soutenir ce dogme, quitte à détourner complètement le sens du discours de Paul sur l'importance de cultiver l'humilité. La leçon qui tient vraiment compte du contexte est celle-ci : Jésus " ne regarda pas l’état d’égalité avec Dieu comme une proie’ à saisir."

Isaïe 9:6 appelle prophétiquement Jésus " Dieu fort ", " Père éternel ". Mais ces titres ne font pas de lui l'égal de Dieu. L'étude concernant la définition du monothéisme biblique apporte des éléments de réflexion importants qui s'ajoutent à ceux examinés ici.

Mathieu 1:22 donne un autre nom prophétique à Jésus, celui d'Emmanuel, qui signifie " avec nous est Dieu ". Dieu était-il donc véritablement avec les humains, en chair et en os, sous la forme de Jésus? Jean répond : personne n'a JAMAIS vu Dieu.

Jean 14:9. Dans ce verset, Jésus dit : " Celui qui m'a vu, a vu le Père." Les partisans de la Trinité y voient une preuve flagrante de leur croyance. Pourtant, Jésus a dit que personne n'a jamais vu Dieu. Comment donc concilier ces deux déclarations? L'explication la plus raisonnable n'a aucun rapport avec la trinité.

QUAND L'EXEGESE TRINITAIRE L'EMPORTE

Ces textes bibliques sont constamment employés pour prouver la Trinité. Quelles constatations pouvons-nous faire?

La première c'est que nombre d'entre eux sont interprétés dans le sens de la Trinité. En eux-mêmes, ils ne disent pas explicitement que le Pére, le Fils et l'esprit saint sont trois personnes coégales, coéternelles et toute-puissantes, réunies dans une seule divinité trine. La plupart du temps, des indices permettant de s'approcher de cette définition de la Trinité sont recherchés dans les versets. Mais il est clair que l'on sort alors très vite de la simple lecture du texte pour tomber dans l'exégèse plus ou moins discutable.

Cela est particulièrement évident pour des textes comme Jean 10:30 (Moi et le Père, nous sommes un) ou Matthieu 28:19 (baptiser au nom du Pére, du fils etc), par exemple.

La seconde c'est que la plupart des traducteurs privilégient systématiquement les traductions qui vont dans le sens du dogme trinitaire. Quand un texte grec permet deux leçons, l'une favorisant ce dogme et l'autre non, c'est la première leçon qui emportera la majorité des suffrages.

Il n'y aurait rien à redire à cela si la démarche restait parfaitement honnête et transparente, mais c'est rarement le cas. En effet, peut-on parler d'honnêteté quand on évite soigneusement d'informer le lecteur que tel ou tel verset traduit dans le sens de la Trinité peut tout à fait être traduit d'une manière qui ne soutient pas ce dogme? Et que dire de la méthode qui consiste à affirmer sans complexe que la leçon trinitaire est la seule possible et que toutes les autres sont fautives, mensongères ou hérétiques? Cela arrive très souvent. C'est pourquoi il est primordial de bien...

EXAMINER LE BIEN-FONDE DES CRITIQUES

Reprenons quelques exemples.

Hébreux 1:8 et 9. Le site unpoissondansle.net n'hésite pas à fustiger les Témoins de Jéhovah et leur traduction de la Bible en écrivant : " Une fois de plus, les Témoins de Jéhovah ont "arrangé" un texte qui ne leur convenait pas. (...) ils écrivent : "Dieu est ton trône pour des temps indéfinis, oui, pour toujours." Dans le verset suivant, ils ont : "C’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint…" C’est cette déformation du texte du psaume qu’ils citent dans le livre d’Hébreux. (...) De nouveau, ce n’est pas dans ce sens que tous les autres traducteurs ont compris le texte, et ce n’est pas de cette manière que les Juifs d’Alexandrie l’ont compris. Les Témoins de Jéhovah prétendent qu’ils sont les seuls à traduire fidèlement les textes originaux. Comment admettre qu’à travers plus de deux mille ans de traduction biblique, personne d’autre n’a compris correctement ce texte? Comment admettre que l’auteur de l’épître aux Hébreux a accepté une "traduction" manifestement fausse en l’incorporant telle quelle dans son texte et que seuls les Témoins de Jéhovah ont su "corriger le tir" deux mille ans plus tard? "

Cette critique ascerbe est véritablement mensongère. Les Témoins de Jéhovah ne sont pas les seuls à traduire ces textes comme ils l'ont fait (reprenez cette étude de Hébreux 1:8 et 9 pour vous rafraîchir la mémoire, si besoin est). Ils ne prétendent pas non plus être les seuls à pouvoir traduire correctement les textes originaux. Si vous avez suivi la lecture de mes études depuis le début de ce blog, vous aurez certainement remarqué que, pour chaque verset examiné, il se trouve toujours d'autres versions de la Bible qui utilisent les mêmes leçons que celles choisies par les Témoins de Jéhovah. Très souvent, les leçons adoptées par les Témoins de Jéhovah ont été adopté par d'autres bien avant eux.

Autre exemple, la critique de Jean 8:58 par le site info-sectes : " Jésus a dit: "Je suis". C'est une déclaration trop solennelle ! On lui fait dire: " J'ai été " (...). Nous sommes ici en présence d'une falsification éhontée: il n'y a aucune excuse possible à une telle fraude."

Ce site évite soigneusement d'expliquer que la leçon " j'ai été " a été adopté par d'autres traducteurs bien avant que les Témoins de Jéhovah publient leur traduction de la Bible. Cela lui épargne ainsi de devoir expliquer pourquoi des biblistes " trinitaires " ont choisi une traduction de Jean 8:58 qui ignore purement et simplement ce dogme dans ce passage biblique. Il peut alors sortir les grands (gros) mots : falsification, fraude !

L'objectif de ces critiques mensongères est évident : il ne s'agit pas seulement de dénigrer les recherches approfondies des Témoins de Jéhovah, il faut surtout maintenir le lecteur lambda dans l'ignorance pour éviter qu'il ne se pose trop de questions sur l'enseignement qu'il a reçu. Une personne maintenue dans l'ignorance peut même être un atout précieux... On doit à Jean de la Bruyère cette maxime : C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. En effet, l'ignorant se fera l'écho des mensonges qu'on lui a enseigné, sans se poser de question, et avec un zèle qui frôle souvent le fanatisme.

On ne dira jamais assez le danger qu'il y a à être trop crédule. C'est pourquoi il est tout aussi primordial de bien...

VERIFIER L'EXACTITUDE DES NOTES ET DES COMMENTAIRES

Revenons sur Tite 2:13 et les curieuses notes de la version Annotée Neuchâtel. Rappel de ces notes. En Tite : " Nous traduisons : l'apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et non : "du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ," comme le font plusieurs, parce que cette première version est plus conforme au texte grec."

En grec, il n'y a pas d'article devant " sauveur ". Par conséquent, pour se conformer au texte grec, dit la note, il faut traduire " notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ "... ce qui est tout à fait 'conforme' au dogme trinitaire. Et de renvoyer le lecteur à d'autres textes bibliques où l'on trouve la même construction : 2Pierre 1:1, 2, Jude 4 et 2Thessaloniciens 1:12. On s'attend à trouver les mêmes tournures de phrase dans ces versets. Que nenni !

En 2Pierre 1:2 nous lisons : " Avec la majorité des interprètes, nous traduisons : de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ. Il serait plus conforme à la grammaire grecque de traduire : de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, car l'article n'est pas répété devant Sauveur ."

Etudiez attentivement cette note, elle vaut son pesant d'or. Ce verset n'a pas été traduit conformément à la grammaire grecque... pour qu'elle raison? Soit-disant pour faire comme la majorité des interprètes ! Une bien curieuse confession, je vous le dis.

En Jude 4, la note dit : " L'absence de l'article devant Seigneur montre que les deux titres Maître et Seigneur s'appliquent à Jésus-Christ." Cette fois, la grammaire semble faire la loi. Un coup noir, un coup blanc.

2Thessaloniciens 1:12 est rendu par : " Selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus-Christ." En grec, il n'y a pas l'article "du" entre les mots Dieu et Seigneur. Logiquement, nous devrions lire : " Selon la grâce de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ." Mais là encore la grammaire semble ignorée, baffouée. C'est à n'y rien comprendre.

Il faut faire ses propres recherches pour découvrir que d'autres textes bibliques encore présentent la même construction que Tite 2:13... et pour découvrir Ephésiens 5:5. Nous lisons dans ce verset : " Aucun fornicateur (...) n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu." L'absence d'article entre les mots Christ et Dieu fait que l'on pourrait traduire par " Aucun fornicateur (...) n'a d'héritage dans le royaume de Christ et Dieu." La note précise : " Dans le premier cas, Paul désignerait deux personnes, Jésus-Christ et Dieu le Père ; dans le second, une seule personne, le Christ, auquel il attribuerait l'épithète de Dieu. Cette dernière interprétation se base sur le fait que, dans le texte grec, l'article qui se trouve devant Christ n'est pas répété devant Dieu et que ces deux termes semblent ainsi étroitement unis."

Jusque là, rien de nouveau. Mais soudain, coup de théatre ! La note ajoute : " Mais ni la grammaire ni l'analogie de ces passages ne sauraient trancher la question d'une manière certaine. On remarque, en effet, que la répétition de l'article n'est pas indispensable quand deux termes consécutifs doivent désigner des personnes différentes. "

On comprends enfin pourquoi les auteurs de cette Bible ajoutent l'article ici et l'oublient là. C'est normal : la grammaire grecque le permet. Ce qui n'est pas normal, par contre, c'est de prétendre que l'absence d'article dans le texte grec interdit d'en mettre un en français. C'est totalement faux. Il n'est pas plus conforme au texte grec de traduire " de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ " que de traduire " du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ." Les deux leçons sont possibles... Mais, évidemment, une seule est juste et correspond à la pensée de l'auteur.

Si je rappelle ces notes de la Bible Annotée Neuchâtel, c'est pour vous inciter à réfléchir aux raisons qui poussent parfois un commentateur à ne pas se montrer totalement objectif (et honnête?). Il est clair que ces notes guident l'esprit du lecteur vers le dogme de la Trinité. Car celui-ci prendra généralement pour argent comptant cette information selon laquelle le respect de la grammaire veut que l'on traduise d'une manière qui prouve la Trinité. Puisque c'est inexact, l'étudiant de la Bible est induit en erreur. Ses conclusions reposeront donc sur ce qu'il convient d'appeller des mensonges. Le disciple Jacques a déclaré sous inspiration divine : " Ne soyez pas nombreux, mes frères, à devenir des enseignants, sachant que nous recevrons un jugement plus sévère " (Jacques 3:1). Ceux qui utilisent leur notoriété pour tromper ainsi les gens feraient bien de méditer sur ces paroles...

LE FALSIFICATEUR, C'EST L'AUTRE !

J'ai souvent lu ou entendu dire que les Témoins de Jéhovah ont publié leur propre Bible pour la faire correpondre à leurs croyances religieuses déviantes. J'ai effectivement identifié des traces de falsifications et des manoeuvres peu subtiles destiner à soutenir certaines croyances... mais jusqu'ici ce n'est pas dans la Traduction du monde nouveau que je les aie trouvées. Les auteurs de cette traduction respectent scrupuleusement les rêgles de la grammaire et savent analyser le contexte d'un verset difficile pour parvenir à la meilleure leçon possible. Ils ne font pas intervenir la philosophie pour interpréter certains versets (tel Jean 8:58) et cela change souvent tout. Il n'y a dès lors rien de surprenant au fait que les croyances religieuses des Témoins de Jéhovah sont très éloignées de celles des autres églises chrétiennes...

Quoi qu'il en soit, je suis déterminé à continuer d'étudier en profondeur les arguments des uns et des autres, sans aucune complaisance et avec impartialité. Je vous invite à continuer de m'accompagner dans l'examen d'autres textes bibliques particulièrement controversés. Entre autres, Apocalypse 3:14, Colossiens 1:15 à 18 ou Proverbes 8:22 à 31...

 

Publié dans La Trinité

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