Ma méthode de travail

Publié le par bleu_lagon

Voici ma méthode de travail. Elle repose sur des principes de base et quelques règles simples.

LES PRINCIPES DE BASES

1° Dieu existe.

Il n'est pas inutile de le préciser. Ce travail de recherche vise à mieux le connaitre, pour lui être agréable et l'adorer avec l'esprit et la vérité. Ce n'est donc pas à un misérable exercice intellectuel auquel je me suis livré. Je suis convaincu de la valeur des paroles de Jésus contenues en Jean 17:3 selon lesquelles ' apprendre à connaitre Dieu et Jésus signifie la vie éternelle '.

2° La Bible est la parole inspirée de Dieu, digne de foi et unique source de renseignements fiables.

C'est donc la Bible et la Bible seule qui me servira de guide durant cette étude. Toute tradition humaine mise en avant par telle ou telle église ne m'intéresse pas, pour la simple et bonne raison que ces traditions sont souvent en opposition avec les Ecritures. Partant du principe que Dieu ne change pas, ses enseignements ne peuvent se contredire. Il n'y a aucune raison scripturaire que l'on puisse invoquer pour justifier une doctrine contraire aux Ecritures. L'inverse, par contre, est vrai : Galates 1:8, 9 ; Apocalypse 22:18, 19.

LA VALEUR DU CONTEXTE

Des versets bibliques sont mis en avant par les uns et les autres pour prouver ou, selon le cas, nier la Trinité. Dans un certain nombre de cas, la difficulté résulte d'une différence notable dans la manière de traduire les textes originaux hébreux ou grecs. Il faut savoir qu'un même mot peut revétir plusieurs sens et qu'il appartient donc au traducteur d'utiliser le sens qui lui semble correspondre le mieux au contexte immédiat du verset, ou mieux, a l'enseignement général des Ecitures, ce que l'on pourrait nommer le contexte étendu. Il ne faut pas être trop prompt à critiquer un choix de traduction. C'est une erreur courante et beaucoup en fond une arme de choix, pointant du doigt leur adversaire en l'accusant de tromperie, sans préciser que le texte original permettait pourtant cette traduction.


Pour mieux comprendre cette idée, je prends un exemple.

Le mot grec proskunéô exprime l’idée d’hommage et parfois d’adoration.

C'est ainsi par exemple que nous lisons en Matthieu 4:10 ces paroles de Jésus : " Il est écrit: Tu adoreras [forme du gr. proskunéô] le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. " Tous les traducteurs s'accordent sur cette traduction du grec proskunéô à cet endroit.

Aileurs, par contre, tous ne rendent pas ce même mot grec de la même manière. En Matthieu 2:11 nous lisons dans la Bible Segond : " Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. " Par contre, la Bible Darby met : " Se prosternant, ils lui rendirent hommage. "

Quelle traduction est la plus correcte en Matthieu 2:11 ? Le grec autorise les deux. Aucune des deux n'est meilleure que l'autre à proprement parler. Si critique il y a, elle ne peut porter sur la manière de rendre le mot grec. Pour juger de la meilleure manière de traduire proskunéô ici, il faut se pencher sur le contexte immédiat.

Posons nous la question : qui donc les mages de l’orient venaient ils voir, selon leurs propres termes ? Réponse : "Le roi des juifs" (Matthieu 2:2). Est-il donc logique de conclure qu'ils se sont jetés aux pieds de Jésus pour l'adorer comme un dieu ? Ou est-il plus raisonnable de penser que leur manière de se jeter à ses pieds correspondait à la coutume de l'époque consistant à rendre hommage à la grandeur d'un roi en se prosternant devant lui ?

Ceux qui voient en Jésus Dieu incarné opteront pour la première solution. Un traducteur peut-être plus consciencieux optera pour la leçon 'rendre hommage', en accord avec le contexte immédiat du verset.

Mais qu'en est-il du contexte étendu, c'est à dire de l'enseignement général de la Bible concernant Dieu et Jésus ? Peut-il influencer la manière dont le traducteur va rendre proskunéô en Matthieu 2:11 ? Certainement. Celui qui est convaincu que Jésus est Dieu ne verra aucun mal à dire que les mages adorent Jésus. Par contre, celui qui refuse de voir en Jésus le Dieu Tout-puissant évitera soigneusement de mettre " adorer " dans ce verset. Logique avec lui-même et en accord avec sa compréhension de Matthieu 4:10, selon lequel Dieu seul doit être adoré, il réservera le verbe "adorer" aux passages des Ecritures identifiant clairement le Créateur comme celui qui doit être adoré.

TRADUCTION ET EXÉGÈSE

De ce qui précède se dégage un principe qu'il ne faut jamais perdre de vue quand on compare deux traductions d'un même verset de la Bible. Dans certains cas, les convictions ou croyances du traducteur influencent ses choix de traduction. Quand cela arrive, on parle alors d'exégèse.

On définit l'exégèse comme "l'interprétation d'un texte". Les synoymes de ce mot sont "interprétation" et "critique". Quand un mot grec peut avoir plusieurs sens, il appartient au traducteur de choisir quel sens il va donner à ce mot dans tel ou tel passage de la Bible. Et au final, sa traduction peut modifier en profondeur le sens d'un texte. Un traducteur a donc une lourde responsabilité. Il devrait traduire en s'efforçant de rendre le plus fidèlement possible la pensée de l'auteur. Mais il arrive parfois qu'il interprète le texte à sa manière, influencé par ses convictions personnelles ou ses propres croyances religieuses. En définitive, il court le risque de trahir la pensée de l'auteur et de tromper ses lecteurs.

Il est vrai que le choix d'un traducteur peut toujours être critiqué. On en a un bel exemple avec le mot grec proskunéô, cité ci-dessus. Mais, si critique il y a, elle se doit d'être honnête. Il serait par exemple trompeur de prétendre qu'il est absolument impossible de traduire proskunéô par "rendre hommage" en Matthieu 2:11 (cité plus haut). Ce n'est pas impossible puisque le grec autorise ce sens. Le critique devrait donc préciser que, même si le grec autorise la leçon retenue par le traducteur, il n'approuve pas cette dernière pour telle et telle raison.

Dans tous les cas, on le comprends aisément, un traducteur doit pouvoir expliquer ses choix. Et dès lors que l'on est en désaccord avec un choix de traduction on devrait prendre le temps d'examiner l'argumentation du traducteur. Juger et condamner quelqu'un sans écouter ce qu'il a à dire n'est ni juste, ni censé. C'est pourtant une pratique courante...

DEUX RÈGLES SIMPLES

De ce qui précéde, établissons deux règles :

1° Un verset dont le texte original autorise plusieurs sens doit être utilisé avec prudence. Le plus souvent, on le jugera " neutre " pour le sujet qui nous concerne. Mais, parfois, il faudra opter pour l'une ou l'autre traduction. J'expliquerai alors clairement pourquoi j'estime qu'une traduction a plus de valeur qu'une autre. Cet exercice d'exégèse ne convaincra pas tout le monde, j'en suis conscient, mais il aura au moins le mérite d'éclaircir au mieux les zones d'ombres qui entourent souvent certains versets bibliques à qui l'on fait dire une chose et son parfait contraire.

2° Le contexte permet d'éclairer la plupart des passages utilisés. C'est le contexte immédiat ou étendu qui permettra de dire si le verset utilisé pour confirmer la Trinité et recevable ou irrecevable.

Il ne reste plus qu'à passer aux choses sérieuses. Mais avant d'analyser un à un les différents versets utilisés pour ou contre la Trinité, je crois utile de revenir rapidement sur l'historique de l'adoption de ce dogme par la chrétienté. Ce sera le sujet de mon prochain article.

 

 

Publié dans La Trinité

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