Jean 3:13

Publié le par bleu_lagon

Jean 3:13 se lit ainsi dans certaines traductions de la Bible : "Or personne n’est monté au ciel, que celui qui est descendu du ciel, savoir, le Fils de l’homme qui est dans le ciel." (Ostervald). Dans d'autres, le même verset se lit ainsi : "Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme." (Jérusalem, 1998).

Vous aurez noté que les mots en italiques "qui est dans le ciel" présents dans la version Ostervald ne figurent pas dans la Bible catholique dite de Jérusalem. Voyons ensemble pourquoi.

UNE HISTOIRE DE MANUSCRITS

Les personnes qui défendent la version longue (celle d'Ostervald) renvoient le lecteur à quelques manuscrits grecs anciens ou à des versions anciennes où l’on trouve ces mots, justifiant ainsi leur maintien dans des traductions récentes.

Toutefois, de nombreux manuscrits grecs anciens ne renferment pas cette phrase. Citons, entre autres, deux manuscrits très appréciés: le Sinaiticus et le Vaticanus N° 1209, l’un et l’autre du quatrième siècle. C’est pourquoi les biblistes Wescott et Hort ont écarté ces mots lorsqu’ils ont préparé leur texte grec sur lequel sont basées nombre de versions modernes de la Bible.

Commentant l’omission des mots "qui est au ciel", dans une version anglaise, (The Greek New Testament), Bruce Metzger écrit: "La majorité du comité, impressionnée par la qualité des preuves externes justifiant la leçon la plus courte [qui omet la phrase en question], a jugé que les mots ["qui est au ciel"] étaient une glose interprétative qui reflète une évolution postérieure de la christologie."

La qualité de ces preuves externes n'ont apparemment pas échappé non plus aux rédacteurs catholiques de la Bible de Jérusalem. Bien que croyants en la Trinité, ils ont eux aussi jugés que les mots "qui est dans le ciel" étaient un ajout qu'il était préférable de supprimer car ne figurant probablement pas dans la lettre de Jean, à l'origine. Du reste, beaucoup de traducteurs modernes de la Bible éliminent les mots en question ou les relèguent dans les notes en bas de page. C’est le cas pour les Bibles suivantes: Grosjean et Léturmy, Pirot-Clamer, Segond révisée, Traduction Œcuménique de la Bible et Crampon-Tricot.

UNE PREUVE DE LA TRINITÉ?

Les gens qui croient que Jésus fait partie d’une trinité soutiennent que l'expression "qui est dans le ciel" était appropriée car elle indiquait la double nature de Jésus à la fois homme et Dieu. Cela voudrait dire que lorsqu’il était sur la terre, Jésus, bien qu’étant homme, appartenait toujours à la divinité céleste.

Le contexte peut-il nous aider? Certainement. Jésus expliquait qu’il était difficile à Nicodème, un chef juif, de comprendre les choses célestes que lui, Jésus, comprenait fort bien puisqu’il était descendu du ciel. Jusque là, les paroles de Jésus sonnent juste, elles sont logiques et à la portée de son interlocuteur. Mais si l'on ajoute les mots controversés, ce n'est plus clair du tout, ni pour Nicodème, ni pour nous.

Car constatez que Jésus parle de lui-même comme étant "le fils de l'homme". Cette expression désigne uniquement le Fils de Dieu, dans la Bible (comparez avec Daniel 7:13, 14 ; Matthieu 25:31 ; Actes 7:55, 56). Cette expression ne désigne jamais le Père. Comment donc Jésus pouvait-il prétendre, alors qu'il était sur terre que lui, "le fils de l'homme", était également au ciel au même instant? Son Père était au ciel, mais pas lui. Lui, "le fils de l'homme", était sur terre et pour quelque temps encore. Cette glose interprétative sonne donc faux. Elle n'est pas logique.

Conclusion? Comme de nombreux traducteurs de la Bible nous écarteront cette glose interprétative. De ce fait, Jean 3:13 ne soutient pas du tout le dogme de la Trinité.


 


 

Publié dans La Trinité

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