Introduction

Publié le par bleu_lagon

Passionné d'histoire et de religion, j'étudie depuis plusieures dizaines d'années l'évolution des croyances religieuses de nombreux peuples à travers les siècles.

Un fait saute rapidement aux yeux de celui qui se livre à ce genre d'examen sérieux : les incroyables ressemblances qui existent entre les religions, malgré les distances qui les séparent, dans l'espace et dans le temps. Ces similitudes se retrouvent non seulement dans les pratiques religieuses — offices, cérémonies, fêtes, objet utilisés — mais aussi dans les dieux et les attribus de ces dieux finalement pas si différents les uns des autres, quand on les compare les uns aux autres.

A y regarder de près donc, on ne peut que trouver inscrit sur chacune d'elles une sorte de marque de fabrique, comme un made in Taïwan, signe révélateur d'une origine commune à toutes ces religions.

Cette pensée n'est pas étrangère à un étudiant de la Bible. En effet, le premier livre de la Bible, la Genèse, au chapitre 11, raconte comment Dieu est intervenu pour contrecarrer les projets des descendants de Noé. Ces derniers s'étaient rassemblés dans le but de construire une ville (Babel, plus tard Babylone) et aussi une tour " dont le sommet soit dans les cieux " (Genèse 11:11:1-4). Cette tour ne serait pas dédiée au culte du seul vrai Dieu. Elle serait au contraire le centre du faux culte. Dieu ne pouvait accepter cela.

A cette époque lointaine, " toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots ". Et l'on pourrait ajouter : les mêmes croyances religieuses. Quelles étaient ces croyances ?

LA RELIGION DE BABYLONE

Le panthéon babyloniens en vint à compter avec le temps plusieurs triades de dieux ou divinités. L’une d’elles se composait d’Anou (le dieu du ciel), d’Enlil (le dieu de la terre, de l’air et de la tempête) et d’Ea (le dieu qui régnait sur les eaux). Une autre triade était formée de Sîn, le dieu-lune, de Shamash, le dieu-soleil, et d’Ishtar, la déesse de la fertilité et la maîtresse ou épouse de Tammouz. Les Babyloniens avaient même des triades de démons, comme celle composée de Labartou, Labasou et Akhkhazou.

Le culte des corps célestes prit de l’importance (Isaïe 47:13) et on en vint à associer des planètes à certaines divinités. On identifiait la planète Jupiter à Mardouk, dieu principal de Babylone ; Vénus à Ishtar, déesse de l’amour et de la fertilité ; Saturne à Ninourta, dieu de la guerre et de la chasse, et patron de l’agriculture ; Mercure à Nebo, dieu de la sagesse et de l’agriculture ; Mars à Nergal, dieu de la guerre et de la peste, seigneur du monde souterrain.

Les babyloniens firent de grands progrès dans l’étude de l’astronomie par suite de leurs efforts pour lire l’avenir dans les astres. Nous appelons cet art ‘l’astrologie'.

Les dieux et les déesses tels qu’ils sont décrits dans les textes babyloniens antiques ne sont que le reflet de l’homme mortel et pécheur. D’après ces récits, les divinités naissaient, aimaient, avaient des enfants, se battaient et même mouraient, tel Tammouz. On les dépeint aussi avides, mangeant souvent jusqu’à la gloutonnerie et buvant jusqu’à l’ivresse. Elles étaient violentes, vindicatives et soupçonneuses les unes envers les autres. Des haines farouches les opposaient. On entend parfois dire que c'est l'homme qui a créé dieu à son image (comparez avec Genèse 1:27). Il y a du vrai dans cette ironie. Les dieux des hommes sont bel et bien créés à l'image de l'homme : aussi pervers que lui (Genèse 6:5) !

Chez les babyloniens, les images jouaient un rôle essentiel dans le culte, qu’il soit officiel ou privé, comme en témoigne la profusion des répliques bon marché de ces idoles. Fondamentalement, on considérait que la divinité habitait l’image si celle-ci représentait certaines de ses caractéristiques ou certains de ses ornements, et on la traitait en conséquence.

Remarquez également ceci : Dans son livre LareligiondeBabylonieetd’Assyrie (angl.), Morris Jastrow écrit: "Le problème de l’immortalité (...) retenait sérieusement l’attention des théologiens babyloniens. (...) Ils voyaient la mort comme le passage à une autre forme de vie."

DE BABYLONE AUX CONFINS DE LA TERRE

Le récit biblique dit que Dieu confondit le langage des habitants de Babel pour les forcer à se séparer et à se disperser sur toute la surface de la terre. Quand ces groupes linguistiques nouvellement formés se dispersèrent sur la terre, ils emmenèrent logiquement avec eux leurs conceptions religieuses. Avec le temps, ces conceptions, semblables dans le fond, subirent l’influence de traditions et d’événements locaux. D'une seule religion d'origine humaine - et démoniaque - naquit une multitude de versions. Les faits historiques confirment le récit biblique.

Par exemple, dans son ouvrage intitulé TheReligionofBabyloniaandAssyria (1898, p. 699-701), le professeur Morris Jastrow Jr dit à ce sujet : "Dans le monde antique, avant l’avènement du christianisme, l’Égypte, la Perse et la Grèce subirent l’influence de la religion babylonienne. [...] En Perse, le culte de Mithra trahit l’influence indiscutable de conceptions babyloniennes ; et si on rappelle l’importance que les mystères liés à ce culte prirent chez les Romains, on ajoute encore un lien entre les ramifications de la culture antique et la civilisation de la vallée de l’Euphrate. " Il conclut en parlant de "la profonde empreinte que laissèrent sur le monde antique les manifestations remarquables de la pensée religieuse de Babylonie et l’activité religieuse qui prévalait dans cette région".

Le livre NewLightontheMostAncientEast, par l’archéologue V. Childe (1957, p.185), retrace l’influence religieuse de Babylone en direction de l’Orient jusqu’en Inde. Il déclare entre autres : "Le svastika et la croix, courants sur les estampilles et les plaques, étaient des symboles religieux ou magiques, par exemple en Babylonie et en Élam, dès la période préhistorique la plus reculée, mais ils conservent ce caractère dans l’Inde actuelle comme ailleurs."

Concernant l’endroit à partir duquel les langues anciennes se répandirent, Sir Henry Rawlinson, spécialiste des langues orientales, a fait cette remarque : "Si nous devions nous laisser guider par la simple intersection des sentiers linguistiques, et indépendamment de toute référence au texte des Écritures, nous serions encore obligés de choisir les plaines de Shinéar comme centre à partir duquel les différents sentiers ont rayonné." — TheJournaloftheRoyalAsiaticSocietyofGreatBritainandIreland, Londres, 1855, vol. 15, p. 232.

DES RESSEMBLANCES FORTUITES?

Regardez l'image ci-dessous. Puis lisez calmement le commentaire que l'on trouve sous la plume d'Alexander Hislop, aux pages 30-32 de son livre Les deuxBabylones.

  Triades

" Les Babyloniens dans leur religion populaire adoraient par-dessus tout une mère déesse et son fils, qui était représenté dans les tableaux et par des statues comme un petit enfant dans les bras de sa mère. (...) De Babylone le culte de la Mère et de l’Enfant se répandit jusqu’au bout du monde. En Égypte, la Mère et l’Enfant étaient adorés sous les noms d’Isis et d’Osiris. Dans l’Inde, même aujourd’hui, sous les noms d’Isi et d’Iswara. En Asie, c’est Cybèle et Deoius. Dans la Rome païenne, la Fortune et Jupiter Puer, ou Jupiter l’enfant. En Grèce, Cérès la grande Mère avec un nourrisson au sein, ou Irène, la déesse de la paix, avec l’enfant Plutus dans les bras, et même au Tibet, au Japon, en Chine, les missionnaires Jésuites ont été bien surpris de trouver la contrepartie de la Madone et son enfant adorés aussi dévotement que dans la Rome papale elle-même ; Shing Moo, la Sainte Mère des Chinois, était représentée avec un enfant dans les bras, et entourée d’une gloire, absolument comme si un artiste catholique Romain avait pris soin de la peindre."

C'est faits sont, reconnaissons-le, assez troublants. Dans l'image ci-dessus, nous retrouvons la triade égyptienne composée d'Isis (la mère), d'Osiris (le père) et d'Horus (le fils). Les égyptiens avaient coutume de représenter Horus sur les genoux ou dans les bras de sa mère. Nous trouvons l'équivalent de cette image dans celle de la vierge Marie et de l'enfant Jésus.

Isis était vénérée comme une déesse. Elle était la mère du dieu Horus. On ne peut que noter la ressemblance troublante avec Marie, mère de Dieu selon le dogme officiel de l’Église. Marie n'est-elle pas en effet présentée comme "la Sainte Vierge Théotokos" — théotokos signifie "qui enfante Dieu", ou "mère de Dieu."

La Nouvelle Encyclopédie britannique nous éclaire sur l'adoption de ce dogme par l'Eglise. Nous lisons : "Il semble que ce soit au IIIème ou au IVème siècle, probablement à Alexandrie, que le titre [‘mère de Dieu’] a été introduit dans le langage religieux. (...) À la fin du IVème siècle, le Théotokos s’était imposé dans diverses branches de l’Église." La Nouvelle Encyclopédie catholique fait remarquer que cette doctrine est officiellement acceptée "depuis le concile d’Éphèse, en 431."

On notera avec intérêt où ce concile s’est réuni et pourquoi. Dans son livre Le culte de la déesse mère (angl.), E. James écrit: "Le concile d’Éphèse se réunit dans la basilique de la Théotokos en 431. Là, plus qu’ailleurs, dans la ville si célèbre pour le culte qu’elle vouait à Artémis (Diane pour les Romains), où l’image de cette déesse serait tombée du ciel, à l’ombre du grand temple qui était dédié depuis 330 avant notre ère à la Magna Mater [Grande Mère], la ville où, selon une tradition, se trouvait une résidence temporaire de Marie, le titre de ‘mère de Dieu’ pouvait difficilement manquer de lui être attribué."

On ne s'étonnera donc pas de lire sous la plume du prêtre catholique Andrew Greely (dans son livre The Making of the Popes 1978) : "Le symbole marial est le trait d’union entre le christianisme et les religions [païennes] anciennes des déesses mères."

Certes, dans la religion catholique, Marie n'a pas la place que possédait Isis dans la triade égyptienne. La Trinité de la chrétienté est composée du Père, du Fils et du Saint Esprit. Mais dans la pratique, Marie a bel est bien supplanté le Saint Esprit dans le coeur des fidèles. Il suffit, pour s'en convaincre, de comptabiliser le nombre de statues qui la représente et le nombre d'édifices et de lieux de pélerinage qui lui sont dédiés et qui portent souvent son nom. Si l'on compare avec ce qui se fait pour le Saint Esprit, il n'y a pas photo.

Bref, ce petit apperçu des ressemblances existantes entre les religions anciennes et celles d'aujourd'hui suffit à s'interroger.

LE DOUTE EST-IL PERMIS?

Si l'on reconnait assez facilement certains traits d'union entre les cultes anciens et ceux d'aujourd'hui, il en est d'autres que beaucoup se refusent à accepter. A cela on pourrait évoquer plusieures raisons, mais je crois que la principale tient à la peur qu'une telle reconnaissance engendre chez la plupart des gens. La peur de la divinité elle-même pour commencer. Remettre en question ce que l'on nous a toujours appris sur elle, n'est-ce pas excessivement dangereux? Ne risquons-nous pas de tomber dans l'apostasie, la rébellion contre Dieu? On comprends que pour se préserver d'un tel danger mortel, beaucoup jugent plus prudent — consciemment ou non — de ne pas se poser trop de questions, d'éluder les difficultés voire même de s'opposer farouchement à tous ceux qui auraient l'audace d'émettre un quelconque doute ou la plus infime critique. Mais cette attitude en apparence raisonnable ne résiste pas à l'analyse. Car enfin, Dieu nous demande-t-il de l'adorer sans jamais nous remettre en question? Et qui nous prouve que " l'autre ", celui qui enseigne le contraire de nous, n'a pas raison de croire ce qu'il croît?

Les habitants juifs de Bérée, à qui Paul a préché, ont été cité en exemple pour avoir commencé par recevoir le message de l'apôtre avec des doutes. On lit à leur sujet qu' "ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. " (Actes des apôtres 17:11). Ailleurs, Jean nous exhorte ainsi : " Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. " (1 Jean 4:1)

Et plus encore, il y a ces paroles de Jésus, prononcées dans une prière le jour de sa mort : " Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. " (Jean 17:3). Ce n'est donc pas à prendre à la légère. Il faut être sûr de ce à quoi l'on croît.

Certains ont établis un trait d'union entre les religions païennes anciennes, qui croyaient en des dieux trin, et la Trinité enseignée de nos jours par l'ensemble de la chrétienté. Les Témoins de Jéhovah sont du nombre de ceux-là.

J'ai donc voulu en avoir le coeur net. Ma détermination était de passer au crible leurs arguments pour ne laisser aucune chance au doute et encore moins au mensonge — que ce soit dans l'acceptation ou le rejet du dogme de la Trinité, entendons-nous bien.

J'ai utilisé une méthode de travail que je vais vous exposer dans le poste suivant. 

Publié dans Guide du blog

Commenter cet article